JL Cailloux nous à fait parvenir la deuxième version de ce texte. En rouge, souligné par moi (GQ)
Commentaires sur les résultats du PCF
pour les élections cantonales 2008 et les enseignements pour le PCF.
Ces élections doivent nous permettre de tirer des enseignements concernant ;
a) La contestation de la politique poursuivie par la droite.
b) L'opinion que les citoyens ont sur chaque parti et notamment le nôtre.
C'est l'objet de cette note qui mérite naturellement des compléments.
C'est le cas sur la portée de l'abstention pour laquelle je ne dispose pas d'éléments d'analyses suffisants, mais qui témoigne d'un enseignement politique certains, ( voir dans les villes
populaires) et peut être du fait que dans beaucoup de têtes tout se décide a la présidentielle.
1/ Une meilleure visibilité et un potentiel de progrès
Avec les tableaux dont je dispose, je remarque que les résultats donnent un léger progrès en % pour le PCF sur les 1164 cantons où il y avait un candidat en 2001 et en 2008 soit 12,1% en
2001 et 12,4%. en 2008 (+0,3%).
Mais nous sommes en recul sur l'ensemble des cantons avec 8,84% (est-ce finalement le bon % ! ) et -0,90% sur 2001
Ce résultat se compose de gains ou une stabilité dans environ 650 cantons (56%) et de pertes dans les autres.
Mais la raison importante du recul de 0,9% réside dans le recul du nombre de candidats du PCF.
Il y avait 1934 cantons à pouvoir en 2008 (2011 avec les Dom) et il semble que le PCF ne présentait environ que 1164 candidats, soit 385 candidats de
moins qu'en 2001 selon les tableaux dont je dispose.
Nous totalisons au sortir de cette élection 644 cantons où le PCF est absent !
Reste à savoir pourquoi cette situation et pourquoi cette chute de 385 candidats par rapport à 2001.
Quel aurait été le résultat avec le même nombre de candidats?
L'absence est en soit un fait politique. (Nous organisons nous-même notre recul)
Mais nous pouvons calculer un manque de voix occasionné en prenant les voix obtenus en 2001 dans les cantons abandonnés.
Cela donne aux alentours de 185 000 voix !! soit plus de 15% de nos suffrages.
À comparer avec les voix 1158121 voix et 8,84% obtenu par le PCF, si nous ajoutons ces 185 000 voix nous aurions environ 2% de mieux. ( Il faut naturellement faire l'hypothèse que ces électeurs
potentiels ont voté pour d'autres candidats de gauches et sont déjà comptés dans les exprimés. Je fais l'impasse sur de possibles abstentions).
Nous pourrions donc prétendre virtuellement à un léger progrès autour de 1%.
Nous mesurons donc la responsabilité prise de ne pas présenter de candidats.
Dans les raisons du recul du nombre de candidats figure le fait que des FD ont passé un accord global avec le PS dès le premier tour. ( Je ne les connais pas toutes et il existe aussi des accords
plus limités dont je n'ai pas connaissance).
Pour les deux FD qui sont à ma connaissance dans le cas d'un accord global, le recul du Pcf est sensible. Seine et Marne -3,94% et Corrèze -3,76%
Pour avoir un meilleur jugement il faudrait aussi faire une étude de corrélation entre le progrès de l'absence du PCF, ( mais aussi là où existe un réel effort de nouvelles
candidatures là où il n'y en avait pas en 2001) et le positionnement des directions fédérales dans la préparation de l'assemblée de décembre vis-à-vis des discours de remise en
cause de l'existence du parti.
2/ Des résultats qui montrent une rupture positive avec la période précédente.
Le principal enseignement c'est le retour du PC dans le champ politique et ses probables effets internes : avec l'idée de novation et d'existence dans l'action et démocratisation qui
se trouvent renforcées .
Sur le plan politique, il faut noter que ces résultats surviennent après deux élections présidentielles calamiteuses :
Robert Hue 3,37% « candidat de gauche » et Marie George Buffet, candidate de la "gauche populaire et antilibérale » qui a eu le résultat le plus bas
de toute l'histoire du PCF 707 327 voix, soit 1,93% des suffrages exprimés.
Nous avons eu aussi des élections législatives où le PCF avait investi 518 candidats et où nous avons recueilli un résultat en recul sur les précédentes (c'est le cas dans les
Hauts-de-Seine (sauf pour nos élus sortant comme à Suresnes, où nous avions un progrès de 1,5% sur 2002) .
Ces résultats avaient déclenché un discours défaitiste au sein de la direction du PCF; il était courant d'entendre dire que la crédibilité nationale du Parti était en cause et nombre de voix
se sont fait entendre pour promotionner l'abandon du nom « communiste », la dilution du PCF dans une autre formation.
O Dartigolle, P Cohen Seat, M Dufour, Martelli, Braouzec, Zarka et j'en oublie, se sont bousculés dans des déclarations allant dans ce sens.
En décembre les assemblées de sections avaient donné une autre tonalité et portaient l'exigence du maintien du PCF, avec des changements profonds, et l'affirmation d'un ligne politique
révolutionnaire. ( La résolution finale édulcorant cet aspect)
HEUREUSEMENT, il est visible que ce sont les orientations de fond, dans les sections, qui ont permis aux communistes de s'engager dans cette campagne qui corrige les résultats et le
défaitisme antérieurs.
À l'opposé de la thèse qui consiste à se limiter à dire que ces résultats n'effacent pas les élections antérieures pour mieux conforter les lignes liquidatrices, aujourd'hui il est juste de dire
que le Pcf réaffirme son assise populaire et une visibilité attestée dans toute la presse..
3) L'audience du PCF et son implantation mérite un examen sérieux tant les résultats sont différenciés.
Il est visible que les endroits « pilotes » de la dilution du parti sont ceux ou le Pcf connaît de grandes difficultés.
Mais l'implantation électorale en baisse en nombre de candidats traduit-elle une baisse de l'implantation en nombre d'adhérents ou la persistance des tendances à la dilution ?
Nous pouvons y voir l'effet :
a) Des appels répétés à une mise en cause de l'existence ou à la dilution du parti par de nombreux membres de la direction du PCF avec l'abandon de la référence au communisme.
b) De la situation d'attente sur l'avenir voir l'existence du PCF dans le cadre de la préparation du congrès 2008 dite « ouverte et n'écartant aucune option au prochain congrès ».
Dès lors pourquoi présenter des candidats et appeler au vote communiste ?
La direction doit répondre à ces réelles questions et à sa difficulté de maintenir une implantation de candidats au plan national.
Il est d'ailleurs curieux que le secteur élection du Pcf ne produise aucune étude.
4) Les partisans de la disparition en remettent une couche.
Martelli et Lefort peuvent essayer d'utiliser les résultats pour conforter leurs thèses sur différentes façons de dissoudre le Parti dans une autre formation.
Gauche de gauche pour l'un « Ouvrir les voies à l'existence d'une réelle force politique de transformation sociale qu'importe le nom, pour l'heure » pour l'autre.
Ils reçoivent un renfort dans ce sens par un proche de MGB, O. Dartigolles porte parole du PCF.
« Le monde » relate qu'interrogé sur la création d'une formation susceptible d'aiguillonner des socialistes timorés, il refuse de « formuler dès maintenant une réponse
organisationnelle », mais se dit néanmoins favorable à la mise en place de « fronts électoraux ». Il évoque la constitution d'une liste pour les élections européennes
de 2009 rassemblant le PCF, mais aussi « les amis de Jean-Luc Mélenchon et, pourquoi pas, une partie de la LCR ».
Ce à quoi Mélenchon fait écho en affirmant qu'il faudra que « le PS noue le dialogue avec cette autre gauche qui va du PCF à la LCR et à LO ». Ou qu'à défaut, une fédération - un
Die Linke à la française ? - se constitue à sa gauche
Comme nous le voyons, les tendances au rassemblement d'appareils se manifestent à nouveau et encore au détriment du rassemblement d'action et d'expérimentation des salariés et des citoyens.
( La récente prise de position de Gérin facilite plutôt leur travail de sape)
Un élément plaide en la faveur d'une capacité de progrès du PCF.
J'en tire d'autres enseignements, plus proches des positions exprimées dans les sections en décembre 2007,
Nous pouvons constater que dans les 282 cantons où le score du parti était inférieur à 5% en 2001, les candidats PCF progressent en voix et en pourcentage dans 227 (80%), et ils passent la barre
des 5% dans 148 (52%).
Nous le vérifions dans les Hauts-de-Seine, où malgré tout il y a deux cantons sans candidats, alors que nous pouvions êtres présents
Personne ne peut expliquer cette progression dans les zones où nous sommes le plus faible par une référence à un « communisme municipal ».
Il s'agit bien là d'un redressement de l'électorat communiste.
Les résultats des cantonales couplées aux municipales montrent donc les capacités de rassemblement des candidats du PCF.
Là où nous rencontrons des difficultés c'est dans les villes où des communistes jouent la division entre eux, là ou il y a des renoncements à porter une candidature, là ou le PS ou les verts nous
ont affronté au premier tour sur une base visant « à nous faire la peau » générant des difficultés de reports au second a fortiori quant ils se maintiennent au second
tour.
Il faut aussi examiner l'impact des modes d'organisations dans les FD et les sections, du maintien ou de l'abandon des cellules, qui n'ont pas été traités de la même façon partout.
Se pose aussi, pour les communistes, les questions :
a) Des liens des sections et des élus, de l'attachement des élus à contribuer à faire vivre les sections et les organisations communistes de proximités.
b) Du rôle de nos élus et de l'effort à faire dans les exécutifs où nous devons garder une réelle autonomie, pour ne pas être dans une politique d'accompagnement ou
d'aménagement socialiste, à la politique destructrice de la droite qui domine les instances au plan national.
Il faut donc affirmer une ligne de conduite portant sur :
La recherche d'une nouvelle pensée communiste, novatrice dans les idées et l'action. La Construction avec les citoyens d'un projet, d'un contenu, avant de penser rassemblement
des appareils.
Les communistes doivent travailler avec d'autres, c'est évident, à partir du rejet de la droite et pour un contenu de classe,
Loin d'un parti à l'avenir en suspens ou l'errance vers une future nouvelle « force », le PCF pourrait être à l'initiative de grandes initiatives rassembleuses, liées aux
luttes, avec l'apport de ses idées, pour un processus populaire de définition d'un projet politique transformateur.
C'est le cas pour les effets de la crise financière qui se développe, avec des effets vécus qu'il faut mettre en lumière.
Pouvoir d'achat, mouvement du capital, l'argent, les services publics et la démocratie, à l'opposé des thèses, de concurrences, de privatisation portés dans le rapport du socialisant
Attali.
Cordialement
Jean Louis Cailloux
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