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Beaucoup de militants sont naturellement portés à sympathiser avec les rebelles syriens et à adhérer au discours dominant qui consiste en une condamnation sans nuance et totale des autorités du régime baasiste et de son dirigeant, Bachar el Assad.
Je ne partage pas du tout ce point de vue.
La révolution syrienne depuis son commencement m’a paru peu spontanée. Il s’agit selon moi ni plus ni moins d’une « révolution colorée » comme en Ukraine,
massivement financée par des officines liées aux services secrets occidentaux, où jouent les premiers rôles des activistes formés en Occident à la manipulation de l’opinion et à l’exploitation
des technologies de l’information. Ils créent une agitation artificielle ou amplifient et détournent de ses buts un mouvement qui au début est légitime et endogène. C’est un apéro facebook
convoqué par la CIA pour provoquer des incidents sanglants pour discréditer le gouvernement.
Les révolutions en Tunisie et en Egypte ont connu aussi ce processus de détournement, mais il y avait aussi à leur base un puissant mouvement populaire, et une
forte montée des luttes ouvrières. J’ignore si c’était le cas en Syrie, mais ce qui se passe dans ce pays ressemble aux manipulations cyniques qui ont ravagé la Libye ; des séditions internes aux
clans au pouvoir, des opposants islamistes soutenus à bout de bras par les pétro-monarchies islamistes du Golfe, des déserteurs et des mercenaires, des terroristes liés à Al Qaida, un grand
travail de désinformation par la télé de l’émir du Qatar, al Jezzira, relayé avec complaisance par les médias officieux genre le Monde ou le NY Times, avec enthousiasme par la presse « bobo », et
finalement l’intervention directe de barbouzes et de forces spéciales étrangères.
Les infos sur la répression en Syrie viennent presque toutes d’un organisme dit « OSDH, alias observatoire syrien des droits de l’homme » basé à Londres, qui est de
notoriété publique lié à l’opposition, et plus exactement aux frères musulmans. Les affirmations non vérifiées qui en émanent sont diffusées sans aucune réserve critique et sont à la base de la
campagne de déstabilisation de la Syrie qui dure depuis un an et qui a pour but (réussi en Occident, complètement manqué sur les autres continents et en Russie) de dresser l’opinion contre le
gouvernent syrien pour justifier une action directe pour le renverser. Notons qu’une partie de la presse « alter » (comme le Diplo) participe tacitement par affinité islamo gauchiste avec les
rebelles. Un nombre non négligeable de ces « informations » sont de pures inventions du genre Timisoara ou bébé koweitien.
La révolution syrienne pendant trois mois est restée l’arlésienne du printemps arabe : elle était annoncée sans qu’elle démarre. Il se passait bien davantage
d’événements révolutionnaires au Maroc, mais la Syrie était une cible de l’impérialisme, tandis qu’il allait ménager la monarchie d’M6, protégée de l’Occident.
Puis nous avons apparaitre de bien curieux démocrates : du genre de ceux qui ont alimentés les maquis du GIA en Algérie. Pourtant les médias ont continué dans leur
grande majorité à soutenir la fable d’une révolte non-violente réprimée sans raison par des bouchers. Pour ce qui est des autorités syriennes, je ne garantirais pas qu’elles soient sans reproche,
mais les rebelles armés de la soi-disant ASL (armée syrienne libre), par exemple, sont bel et bien des terroristes manipulés pour plonger le pays dans le chaos de la guerre civile communautariste
à l'instar de l'Irak.
Les informations émanant de l’agence syrienne officielle et l’observation des témoins y compris les observateurs de la ligue arabe convergent et sont crédibles sur
le point suivant : la violence est partagée. Les médias internationaux dans cette situation complexe prennent partie de manière éhontée. Abattre le régime syrien, gênant pour l’Occident, seul
allié des palestiniens dans la région, est devenu une priorité pour la « société civile » mondiale, c'est-à-dire la grande bourgeoise internationale et ses intellectuels organiques des
médias.
La vrai question que nous , militants communistes, devons nous poser est celle-ci, est-ce que nous acceptons d’appuyer une agression anglo franco turco qataro
américaine contre un pays souverain, utilisant une stratégie de déstabilisation qui commence à être bien rodée, et bien connue aussi, mêlant le harcèlement médiatique, l’utilisation
subversive des réseaux sociaux, et le terrorisme le plus sanguinaire, ou bien non ?
Il faut soutenir les communistes syriens qui sont partagés sur la question du régime mais qui sont unanimes pour refuser les sanctions et l’ingérence
internationales.
GQ, 10 février 2012
PS
Parmi les défenseurs du régime syrien (dont je ne fais pas partie : je ne défends que l’intégrité et l’indépendance de la Syrie) on trouve des groupes qui ont la
réputation d’être des antisémites larvés et des « rouges bruns » comme le réseau Voltaire qui est proche du site « info Syrie », et qui est d’ailleurs basé en Syrie. Certes, et alors ? Il se
trouve que ce qu’ils disent sur la situation en Syrie pourrait bien être vrai, cette fois-ci, que ça plaise ou non. Aujourd’hui les salauds à l'œuvre qu'il faut démasquer d'urgence sont
dans les rédactions « mainstream » et leurs mensonges sont sans commune mesure par leur nocivité avec les élucubrations sur le 11 septembre qu’ont pu commettre certains soutiens de Bachar el
Assad.
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