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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 11:11

Capté sur le blog de Jean Lévy. Salut à Jean Pierre en souvenir de sa participation à "Belleville Milieu du Monde" vers 1994.

 

Par Réveil Communiste - Publié dans : VIDEOS - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 21:57

 

 

« L’Europe sociale est une arnaque » affirme le président du syndicat des cheminots RMT Alex Gordon. Cette arnaque a été révélée au grand jour par la récession et avance vers une plus grande centralisation du pouvoir entre les mains d’une petite fratrie de personnes non-élues. La seule condition d’entrée dans ce groupe est l’adhésion inconditionnelle à la liberté de mouvement totale du capital afin que l’on puisse continuer à faire des profits sur le dos du peuple.

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Lire la suite ‘L’Europe sociale est une arnaque, par Alex Gordon’ sur changement de société

Par Réveil Communiste - Publié dans : l'Europe impérialiste et capitaliste - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 17:51

Succès de la rencontre de communistes de quartiers populaires

Emiettement et unité... de la classe... du parti !

par  pam sur lepcf.fr


Une rencontre qui a réuni près de 60 militants communistes des quartiers populaires du PCF (Pas de Calais, Var, Aubervilliers, La Courneuve, Jarnisy, Vénissieux, St-Fons, Vaulx-en-Velin, Charente...), ou en dehors du PCF (coordination communiste, Rouge Midi, Rouge Vifs Ile de France, Nord...)

L’objectif était d’échanger pour se donner


- Plus de force pour les luttes
- Plus de force pour faire reculer le fatalisme et pour faire grandir les idées qui font mal à la bourgeoisie.
- Plus de force pour unir le peuple de France avec une organisation communiste combative et solidaire

Des comptes-rendus et interventions seront publiées prochainement, mais on peut déjà souligner l’état d’esprit de tous les présents, au delà de leur situation différente, de leur analyse du contexte des élections présidentielles ou de la possibilité ou non que le PCF revienne à une position marxiste

Il s’est exprimé chez tous les participants un fort besoin d’échanger, de mutualiser, de connaitre chacune des expériences pour sortir du réflexe fractionniste qui conduit d’abord à dire pourquoi les autres ont tort, sans le plus souvent connaitre la réalité de leurs pratiques et situations politiques.

La question du lien entre quartiers populaires et classe ouvrière a fait l’objet de nombreux échanges. Car les quartiers travaillent, sont exploités, et ce qui divise dans le quartier vient peut-être d’abord de ce qui divise dans le travail

La question de la classe ouvrière telle qu’elle est aujourd’hui, de sa segmentation et de son unité, de la pratique politique nécessaire pour être à la fois capable de parler à chacun, dans sa situation concrète de femmes ou de jeunes, d’immigrés ou pas, de qualifié ou non, de plus ou moins précaire... et en même temps de parler à tous de la classe ouvrière telle que nous voulons la reconstruire politiquement, l’armer comme une classe unie, organisée, combative, loin de la nostalgie que les médias nous proposent le plus souvent pour faire pleurer sur les ouvrières de Lejaby, mais au contraire tourné vers son rôle dirigeant dans la sortie du capitalisme...

Une proposition est sortie de cette discussion, un tract commun centré sur cette question de la diversité des situations d’exploitation et de l’unité de classe nécessaire, avec une version tournée vers les quartiers mais parlant de l’entreprise et une version tournée vers les entreprises mais parlant des quartiers...

Beaucoup de discussions aussi sur la situation politique des forces communistes dans et en dehors du PCF. Comment dépasser l’émiettement ? Contrairement à des périodes précédentes, la discussion a plutôt mis en valeur la nécessité de considérer chaque point d’appui local, chaque organisation sur des bases marxistes, qu’elle soit dans ou en dehors du PCF, comme une base à renforcer, à faire progresser, en lien avec les autres, sans chercher à imposer tout de suite la question de la cohérence, de la dimension nationale, de la stratégie de parti comme une condition du travail en commun.

Le RCC fera remarquer qu’il y a aussi des absents à cette réunion et qu’il ne faut pas les oublier. Il est vrai que la rencontre, préparée dans la suite de celle de Marseille fin Aout, ne s’est pas organisée en invitant les organisations elle-même, mais simplement en diffusant une invitation faite principalement par Charles Hoareau, Marie-Christine Burricand, et Hervé Poly. Toute la difficulté justement est d’inviter tout le monde, sans chercher à résoudre artificiellement la question de l’émiettement.

Il faut poursuivre la réflexion collective sur cette question de donner à voir la cohérence possible, peut-être en considérant qu’il faut affirmer clairement que nous sommes dans un processus de reconstruction, que nous n’avons pas les réponses à des questions clés (parti ? , quel parti ? parti de masse ? ....) et qu’il faut donc une forme souple de coordination... L’enjeu premier est donc bien de multiplier les expériences pratiques qui permettront d’avancer, y compris au plan politique et même théorique.

Par Réveil Communiste - Publié dans : Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" - Communauté : Faire vivre renforcer le PCF
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 11:24

Madame, Monsieur,

Je suis heureux de vous annoncer la parution le 10 février prochain de la nouvelle édition de mon livre « Les Ghettos de la République, encore et toujours » préfacés par Malek Boutih. Vous pouvez d’ores et déjà en lire un extrait en allant sur le site du Publieur.

Au moment où la France entre en campagne électorale, je veux une fois encore attirer l’attention de tous, à commencer par les candidats, sur l’urgence de mener enfin une politique à la hauteur des défis que nos villes et leurs ghettos posent à notre République et à notre démocratie.

Le livre sera disponible première quinzaine de février dans toutes les bonnes librairies.

Pour tout renseignement complémentaire : depute.andregerin@gmail.com ou 04.78.67.16.99

Cordialement

André GERIN

Par Réveil Communiste - Publié dans : publications - Communauté : Parti Communiste Français
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 22:13

 

Réunir et rassembler la diversité des communistes n’est pas, ne sera jamais chose simple. Surtout en période électorale quand tant de questions allant des hommes et de leurs histoires locales jusqu’aux choix stratégiques tendent plutôt à éloigner. Surtout quand au travers d’une violente crise systémique le "neuf" tape à la porte et qu’il faut inventer. Raison de plus pour profiter des moments qui rassemblent et permettent de progresser, tant en ce qui concerne les contenus que la fraternité.


Vendredi 13 janvier 2012, j’ai répondu avec Marie Christine Burricand à l’invitation de nos camarades Rouges vifs 13 qui recevaient leurs amis pour les vœux.


J’ai passé une excellente soirée. Belle par le nombre (nous étions plus nombreux que l’année précédente), belle par la diversité : des FRALIB bien sûr qui étaient près d’une dizaine et heureux d’être là (et encore d’autres fralibiens se sont excusés car ils avaient une autre initiative ailleurs), des précaires du commerce, des chômeurs, des gens des quartiers alentours, des jeunes militants associatifs de l’antiracisme et du droit des migrants, des militants d’associations de quartiers, des militants syndicaux d’entreprises... Un rassemblement, à mes yeux, plus jeune et directement lié à la production que dans de nombreuses sections du PCF.

Belle par l’atmosphère, par le discours rigoureux de Serge prenant justement l’exemple des FRALIB pour illustrer les positions de l’organisation qu’il préside sur la sortie de l’euro et de l’UE. UE qui est à contrario de ce qui se fait en Amérique du sud (et dont la gauche française pourrait s’inspirer) où après être sortis de l’ALENA, les peuples se regroupent avec l’ALBA et maintenant la CELAC.

Belle parce que les participant-(e)-s sont reparti-(e)-s en se disant que l’espoir est dans les luttes présentes et à venir et que plus que jamais, c’est dans la rue (et les entreprises occupées) que ça se passe.

Pourtant, même là, l’intervention de Jean Luc Mélenchon la veille à la télé a marqué. Et au delà du discours, occupé les échanges. Tout comme d’ailleurs, les conditions concrètes de l’ensemble de la séquence électorale en cours (et ses avatars dans les diverses circonscriptions des Bouches du Rhône !).

Les luttes seront décisives, avant, pendant et après les élections. La façon dont les communistes, membres ou non du PCF participeront à ces luttes, proposeront des luttes, des rassemblements politiques, influera fortement. Le résultat électoral dépendra de ces luttes, mais le développement des luttes dépendra aussi pour partie des résultats électoraux. Nous le savons.

Nous avons dans ce domaine une vraie expérience : 1936, 1945, 1968, et même 1981 et 1995. Sommes nous, les uns et les autres en capacité d’interroger, de bouger avec les militants cette question ?

Sommes nous les uns et les autres capables d’agir pour briser l’attentisme électoral ? Mener les luttes et manifestations politiques nécessaires ? Dans combien de sections, de fédérations du PCF, avec combien de groupes communistes ont eu lieu de réelles mobilisations de lutte politiques contre la crise... trop peu !

Comment se situent les syndicalistes CGT, FSU, SUD par rapport aux luttes, par rapport aux échéances politiques, à leurs contenus ? Comment appréhender la réalité du Front de gauche... son hétérogénéité, sa diversité, ses multiples évolutions possibles... vers un outil politique au service d’ambitions personnelles, vers une social-démocratisation ou vers un outil utile aux luttes ?

Il ne peut suffire d’avoir un programme plus ou moins bon... Le mouvement ouvrier en avait un en 1981 ! Il ne peut suffire d’avoir un candidat bon orateur et débatteur télévisé de talent.

Arriver à organiser les luttes anticapitalistes, avant, pendant et après la séquence électorale, préoccupait tous les participants. Répondre n’était facile pour personne.

Comment les articuler aux moments électoraux : campagnes, meetings et votes ? Comment faire "exploser" les calendriers et les programmes électoraux ?

La forte présence des FRALIB par les questions politiques que posent leur lutte peut aider à éclairer certains aspects.

Jean-Luc Mélenchon, le lendemain même de sa désignation par 57 % des communistes (rappelons à cette occasion que 43% avaient donc voté pour une candidature issue de leurs rangs) a visité leur usine. Il a indiqué son intention d’instaurer des contrôles et taxes douanières aux frontières européennes. Malheureusement, c’est en Pologne que le trust UNILEVER essaie de délocaliser les emplois. C’est bien l’Europe capitaliste qui est en cause, sa construction depuis 1956 contre les exploités.

La question de la protection des salariés et des productions en France en face de la rapacité des transnationales et de leur outil politique et institutionnel européen.

Cette lutte pose tout aussi clairement la question des financements : accès aux crédits, répartitions et contrôles des crédits bancaires. Pour réussir, la reprise sous une forme coopérative aura besoin de crédits. Quelque chose d’autre sera-t-il possible sans bouleversement révolutionnaire de la sphère du crédit ? Aujourd’hui par BCE et banques interposées, l’argent va à la spéculation, aux profits, au paiement de la dette... à la rente capitaliste et non à l’emploi, à la production. Au dernier trimestre les banques ont failli remettre en cause la poursuite de la production à Net Cacao. Maintenant ce sont les raffineries Petroplus qui ne disposent plus des fonds bancaires de roulement nécessaires à la production.

Le pouvoir doit changer de main. Ce sont eux ou nous !

Le front de gauche est encore très loin de le dire avec suffisamment de cohérence et de vigueur. Je l’ai senti en écoutant jusqu’au bout Mélenchon. Je l’ai senti bien plus fort dans cette amicale rencontre. Le problème n’est ni le Front de gauche, ni Mélenchon : la question à laquelle nous nous heurtons est quelles luttes, quels niveaux pour la lutte et quels contenus de classe ?

Quelle articulation entre luttes et séquences électorales ?

Quel rassemblement arriver à construire entre communistes dans le cadre national ?

Comment aborder les questions internationales : Europe, Euro, guerres coloniales... ?

Oui, j’ai passé un bon moment avec des camarades communistes de Rouge vifs 13. Oui l’essentiel se réglera dans les luttes le plus souvent à l’entreprise. Oui le peuple de France, les 92 % de salariés, ont besoin d’un grand parti communiste national.

Travaillons à son existence, avant, pendant et après son congrès de 2012.

Nous avons tous, communistes au delà des nuances qui nous séparent, à nous saisir de cette question.

Paul Barbazange

Par Réveil Communiste - Publié dans : Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" - Communauté : Faire vivre renforcer le PCF
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 20:00

Document envoyé par Alain Rondeau, publié sur RC le 9 octobre 2009, republié même s'il date un peu, au vu de son succès de fréquentation permanent.


Chine : la quête d'un modèle de développement


Peter Franssen, sinologue

La République populaire de Chine fête son 60e anniversaire. Pays extrêmement pauvre et sous-développé en 1949 et où la plupart des gens n’avaient pratiquement rien à manger et ne couraient qu’en haillons, la Chine s’est muée en la seconde nation industrielle et la troisième économie du monde. Pour y arriver, elle a dû projeter et élaborer elle-même un modèle de développement.

 Son succès n’a pas seulement transformé la Chine, il a également modifié la relation entre le Nord et le Sud dans le monde. L’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine disent que la collaboration avec la Chine « leur offre de nouvelles possibilités de développement indépendant ». C’est sous son influence que l’hégémonie américaine s’effrite de jour en jour. Au moment où Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine, le niveau de vie n’y était pas plus élevé que celui de l’Afrique noire. Dans la première période de construction, de 1949 à 1979, le pays enregistrait de nombreux succès dans la lutte contre la pauvreté. Mais ce fut dans la seconde période, de 1979 à nos jours, que les progrès furent les plus importants. La Banque mondiale écrit : « Entre 1981 et 2004, la partie de la population disposant de moins d’un dollar par jour est passée de 65 à 10 pour cent. Entre 1981 et 2004, plus de 500 millions de Chinois ont été sortis de la pauvreté. »


Dans les autres domaines du développement humain aussi, les progrès sont impressionnants.

En 1949, 90 pour cent des Chinois étaient analphabètes. Aujourd’hui, 87 pour cent des femmes et 96 pour cent des hommes de plus de 15 ans savent lire et écrire.

En 1949, le Chinois vivait en moyenne 35 ans. Aujourd’hui, 72. Il y a actuellement 4 millions de lits d’hôpital et 6 millions d’infirmiers, médecins et pharmaciens à temps plein. Le nombre de médecins pour 10.000 habitants est aujourd’hui de 16, soit la moitié en plus qu’en 1978.

En 1949, aller à l’école était un privilège pour les riches. Aujourd’hui, la Chine a le plus grand réseau d’écoles du monde. L’enseignement gardien compte 23 millions d’enfants. Les enseignements primaire, secondaire et supérieur comptent respectivement 105, 92 et 20 millions d’élèves et d’étudiants. Chaque année, plus de 6 millions d’étudiants des universités et des écoles supérieures terminent leurs études. L’enseignement emploie 13 millions d’enseignants à temps plein.

La clé : l’économie

Au cours des 60 années écoulées, la Chine n’a jamais trouvé de solutions « clé sur porte » aux problèmes qui sont immenses dans un pays où vit un bon cinquième de l’humanité et qui, en 1949 encore, faisait partie des plus pauvres de la planète. Le Parti Communiste Chinois a commis bien des fautes, dont de très graves aussi, et il ne fait pas de doute qu’il en commet encore aujourd’hui. Mais on ne peut évaluer correctement ces fautes et erreurs sans les placer dans un contexte de progrès très rapide.

Aucun grand pays ne peut présenter un "palmarès" comme celui de la Chine. Son voisin, l’Inde, qui compte aussi plus d’un milliard d’habitants, la précédait de loin, en 1949, sur le plan du développement humain. Aujourd’hui, la situation s’est inversée. La Chine compte 7 pour cent d’enfants sous-alimentés. L’Inde 44 pour cent. En Chine, 98 pour cent des enfants de moins de 12 ans vont à l’école. En Inde, 50 pour cent.

En 1950, le revenu national chinois par habitant était d’un quart inférieur à celui de l’Inde. Aujourd’hui, il est trois fois plus élevé.

La clé du succès chinois se situe bien sûr ici : plus vite l’économie croît, plus vite on peut résoudre les problèmes de la nourriture, de l’habillement, du logement, des soins de santé, de l’enseignement, de l’emploi, de l’urbanisation.

Depuis 1980, l’économie chinoise croît chaque année de 10 pour cent en moyenne, soit plus du double de la croissance de la période 1949-1979. Aujourd’hui, la Chine est à même de nourrir toute sa population : 22 pour cent de l’humanité, même si la Chine ne possède que 9 pour cent de toutes les terres cultivables du globe. Ses réserves céréalières sont deux fois plus importantes que la moyenne mondiale.

En 1952, le produit intérieur brut (ce qui est produit dans tous les secteurs) de la Chine était de 68 milliards de yuan. En 2008, de 30.000 milliards de yuan.

En 1950, la Chine produisait moins de 3 pour cent de ce qui était produit dans le monde entier. Aujourd’hui, 12 pour cent.

Des 22 principales catégories industrielles, il y en a 7 dans laquelle la Chine est le premier producteur mondial.
Les numéros un, deux et trois du monde bancaire international sont chinois et tous trois appartiennent à l’État.
En 1950, la Chine produisait 160.000 tonnes d’acier, juste de quoi fabriquer un petit couteau de cuisine pour chaque habitant. L’an dernier, la production d’acier a été de 500 millions de tonnes – c’est plus que la production des États-Unis, du Japon et de la Russie ensemble.

En 2008, la Chine réalisait 22 pour cent de la croissance économique totale dans le monde. D’après l'ONU, cette année, elle franchira le cap des 50 pour cent.

Alors que le monde entier soupire et gémit sous la crise économique, la Chine connaîtra cette année aussi une croissance économique d’au moins 8 pour cent. À titre de comparaison : les 16 pays qui utilisent l’euro ont cette année une croissance négative de 4 pour cent.

La pratique réclame à cor et à cris un nouveau modèle économique

Au fil des années, le Parti Communiste Chinois a projeté un modèle qu’il appelle « économie socialiste de marché ». « C’est à cela que nous devons notre succès économique », dit-il.

Ce modèle a été mis sur pied progressivement à partir de 1979, en tant qu’alternative au modèle soviétique classique, l’économie planifiée, modèle que la Chine a connu elle aussi jusqu’en 1979. Le modèle soviétique est né dans les années 1927-1929, après la mort de Lénine, le fondateur de l’Union Soviétique. Tous les pays socialistes ont appliqué ce modèle après la Seconde Guerre mondiale.

L’économie planifiée, dans laquelle l’État accorde aux entreprises les moyens disponibles telles les matières premières et les finances, a connu ses succès et ses revers. Le modèle a permis à l’Union soviétique d’évoluer en très peu de temps, passant d’une situation de pays sous-développé au rang de seconde nation économique sur terre. Il a également permis à l’Union Soviétique de vaincre le nazisme et, après la guerre, de se remettre rapidement sur pied sur le plan économique.

Mais, à partir des années 1960, l’économie soviétique régressait sur le plan de la croissance de la productivité, de l’efficience et du progrès économique en général. La planification centrale ne pouvait empêcher la prospérité et le bien-être des gens de ne croître que très modérément, pas plus qu’elle ne pouvait empêcher qu’intervînt une pénurie de longue durée de denrées de première nécessité et de biens de consommation. À partir des années 1960, l’économie capitaliste des centres – États-Unis et Europe occidentale – connaissait une croissance plus rapide que celle de l’Union Soviétique. Trente ans plus tard, ç’allait être l’une des causes de la disparition de l’Union Soviétique.

À la fin des années 1970, la Chine a connu une situation comparable à celle de l’Union Soviétique au début des années 1960. Au cours du Premier Plan quinquennal, de 1952 à 1957, la planification centrale assurait une croissance économique spectaculaire mais, par la suite, le taux de croissance se mit à baisser sans arrêt.

Durant le Premier Plan quinquennal, la croissance de la productivité dans toute l’économie fut en moyenne de 8,7 pour cent par an. Durant le Troisième Plan quinquennal (1965-1970), elle était descendue à 2,5 pour cent et, durant le Quatrième Plan quinquennal (1970-1975), elle n’était plus que de 1,3 pour cent en moyenne par an.

Durant le Premier Plan quinquennal, les salaires réels dans les entreprises d’État augmentèrent de 5,4 pour cent en moyenne par an. Durant le Quatrième Plan quinquennal, cette croissance fut négative : - 0,1 pour cent en moyenne par an.

Entre 1957 et 1978, la consommation privée dans les campagnes augmenta de 1,9 pour cent par an et par habitant. Dans les villes, cette hausse fut de 2,6 pour cent. Aujourd’hui, cette hausse, tant à la campagne que dans les villes, est de trois à quatre fois plus élevée.

Entre 1958 et 1978, la production de céréales n’augmenta en moyenne que de 2,08 pour cent par an. C’est à peu près la même croissance que celle de la population.

En 1952, le rapport entre le nombre des habitants des campagnes et celui des villes était de 4,9/1. En 1978, ce rapport était exactement le même.

En 1952, 85 pour cent de la main-d’œuvre dans les campagnes était employée dans l’agriculture. En 1978, ce pourcentage était presque le même.

À la fin des années 1970, la majorité des entreprises d’État étaient déficitaires.

Bref, la pratique réclamait à cor et à cris un nouveau modèle économique susceptible d’assurer une croissance plus rapide de la productivité, des bénéfices pour les entreprises d’État, une plus grande efficience dans l’octroi et l’utilisation des moyens disponibles et la mise sur pied plus rapide d’une nation industrielle et moderne. Ce modèle devait allouer plus d’espace à l’économie individuelle et capitaliste et plus d’autonomie aux entreprises d’État sans compromettre, ni perdre le contrôle de la base du socialisme, la propriété des secteurs les plus performants de l’économie plus (+) le pouvoir de l’État. Ainsi, la pratique contraignit à abandonner les vieux dogmes, peu efficients. Quand, en 1979, la Chine introduisit timidement les premiers mécanismes du marché dans l’agriculture, celle-ci connut une croissance explosive. Ce fut un encouragement à persévérer. Dans les quinze années qui suivirent, la Chine put mettre en place son modèle cohérent d’économie socialiste de marché.

Le marché socialiste et capitaliste

Trois caractéristiques font la différence entre l’économie socialiste de marché et l’économie capitaliste de marché.

  • Dans l’économie socialiste de marché, l’État, via ses entreprises et holdings, a en main les piliers et les déterminants de la direction de l’économie, comme le secteur bancaire, la sidérurgie, les télécommunications, les transports, le secteur de l’énergie, l’exploitation minière…

  • En outre, l’appareil d’État n’est pas aux mains d’entrepreneurs capitalistes. Ceux-ci ne peuvent pas, comme cela s’est passé sous le capitalisme, s’unir en une classe socioéconomique prédominante et, par conséquent, ils ne déterminent pas non plus la politique socioéconomique de la nation.

  • Enfin, il y a des différences dans le fonctionnement du marché. Sous le socialisme, il y a une relation d’unité et de lutte entre l’État et le marché, relation dans laquelle l’État est le facteur le plus fort et celui qui décide. Bien que le marché soit le principal instrument de répartition des moyens disponibles parmi les entreprises, il n’est pas libre pour autant. Sous le socialisme, le marché fonctionne dans les limites du système social. C’est ce qui définit le caractère du marché. Ainsi, dans ses Plans quinquennaux et dans sa politique journalière, l’État chinois établit quelles sont les priorités, où et comment des percées seront réalisées, où et comment certains aspects vont devoir être corrigés. L’État encourage le parties individuelle et capitaliste de l’économie mais sa préférence va néanmoins aux entreprises d’État. En octobre 2008, l’État chinois a révélé qu’il allait lancer toute une série d’incitants pour une valeur de 4.000 milliards de yuan. Au moins 80 pour cent de ce montant colossal sera consacré à des commandes pour les entreprises d’État.
Dans la libre économie capitaliste de marché, il y a également planification de l’État et intervention de l’État, mais seulement pour une part très minime et toujours axée sur la rentabilité des entreprises privées. Durant des périodes de crise et de guerre, la libre économie capitaliste de marché embraie rapidement sur un système où la planification et la coordination nationales sont beaucoup plus fortes. Mais, là aussi, le profit des entreprises privées est le principe prioritaire. Dans l’économie socialiste de marché, par contre, le développement socioéconomique général de la nation est le principe directeur.

Il ne fait absolument aucun doute que l’économie socialiste de marché crée de nouvelles contradictions. La principale est celle-ci : au fur et à mesure que l’économie croît et que les entreprises capitalistes deviennent elles aussi des géants, une tendance croîtra chez les capitalistes à vouloir assumer le contrôle de l’appareil de l’État. Comme ce fut toujours le cas, ces 60 dernières années, dans les moments cruciaux, la cohésion interne et la fermeté sur les principes du Parti Communiste Chinois seront alors déterminantes.


La Chine change le monde


L’économie socialiste a fait croître la Chine comme jamais aucun autre grand pays dans l’histoire ne l’a fait. La chose n’est pas passée inaperçue dans les pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine, où vit 80 pour cent de la population mondiale.

Depuis les années 1990, se met en place dans ces pays ce qu’on appelle le « consensus de Beijing », une approbation générale du modèle chinois de développement. Le consensus de Beijing prend de l’ampleur au fur et à mesure que le consensus de Washington ne cesse de s’affaiblir. Le consensus de Washington est synonyme de néolibéralisme, privatisation, démantèlement des programmes sociaux de l’État, vente aux États-Unis, à l’Europe occidentale ou au Japon des parties les plus rentables de l’économie nationale, octroi de tous les avantages aux couches les plus riches de la population… Tout cela allait en fin de compte faire grand bien aux pays du tiers monde, prétendaient les défenseurs du consensus de Washington. Le chemin serait bien çà et là, de temps à autre, douloureux mais il allait déboucher sur un avenir rayonnant.

C’est le contraire, qui s’est produit : la pauvreté a augmenté, les revenus ont stagné ou baissé, l’enseignement et les soins de santé sont allés à vau-l’eau. Le démantèlement des programmes sociaux a provoqué en Thaïlande une propagation plus grande du sida et, en Indonésie, la diminution des subsides alimentaires à ceux qui souffraient de la faim. Cerise sur le gâteau, le néolibéralisme provoquait de plus en plus de crises économiques en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Ces trente dernières années, il y a eu plus de cent crises économiques graves dans des pays en voie de développement considérés individuellement.

Le consensus de Washington a reçu le coup de grâce en 2008, quand les institutions financières de l’Occident, qui se croyaient supérieures, qui avaient toujours de bons conseils à vendre aux pays du tiers monde, se sont effondrées lamentablement, après quoi il s’en est suivi un chaos sans perspective dans toute l’économie capitalisme.

Peu de gens dans le tiers monde ont oublié comment les spécialistes des institutions financières occidentales les ont mis en garde, des années durant, contre l’effondrement des banques chinoises. Mais le tiers monde voit aujourd’hui comment ces mêmes banques chinoises doivent courir pour venir en aide au trésor américain, sans quoi le numéro un mondial va se retrouver en faillite, ou comment les chefs de bien des multinationales américaines se mettent à plat ventre pour remercier le seigneur Dieu qu’il existe un marché chinois, sans quoi ils peuvent prendre leurs cliques et leurs claques et fermer la boite. La revue d’affaires américaine Forbes écrit : « Ces prochaines années, la prospérité des États-Unis dépendra de ce qui se passera en Chine. Nous dépendons du bon vouloir des Chinois afin de pouvoir financer nos déficits budgétaires. Mais notre dépendance va plus loin. Notre commerce, notre sécurité, notre diplomatie, notre compétitivité ne peuvent croître si les choses ne vont pas bien en Chine. »

La punition encourue par le capitalisme hautain et arrogant qui, à partir du trafic des esclaves, s’est cru supérieur aux « Untermenschen », à ces 80 pour cent de la population mondiale vivant en Asie, en Afrique et en Amérique latine, cette punition est complète. Cela incite à une réflexion fondamentale. Le lauréat du prix Nobel et professeur d’économie Joseph Stiglitz écrivait récemment : « Cette crise passera. Mais aucune crise grave ne passe sans laisser de traces. De l’héritage de cette crise fait partie le combat à l’échelle mondiale entre les idées et à propos de la question de savoir quel système économique est le meilleur pour le peuple. Nulle part ce combat n’est mené avec plus d’acharnement que dans le tiers monde, parmi les gens d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Ici fait rage la bataille des idées entre le capitalisme et le socialisme. (…) Les pays du tiers monde sont de plus en plus convaincus que l’on ne doit pas embrasser les idéaux économiques américains, mais qu’on doit s’en écarter le plus rapidement possible. »

Les relations commerciales mettent sens dessus dessous les relations internationales


La bataille des idées et le rejet du modèle américain sont aussi une conséquence de la modification des relations économiques dans le monde. La croissance économique de la Chine a fait que le pays est devenu de plus en plus actif sur la scène économique internationale. En vingt ans à peine, voilà ce qui a mis les relations sens dessus dessous.

Dans un volumineux rapport sur la collaboration économique entre l’Afrique et la Chine et l’Afrique et l’Inde, la Banque mondiale écrit : « Des décennies durant, le commerce mondial a été une question entre les pays développés du Nord et les pays en voie de développement du Sud, et entre les pays du Nord mutuellement. Mais, aujourd’hui, il y a un large courant d’investissements et de commerce entre l’Afrique et l’Asie. En l’an 2000, 14 pour cent des exportations africaines allaient vers l’Asie. Aujourd’hui, il s’agit de 27 pour cent. C’est presque autant que les exportations vers les États-Unis et l’Europe, les traditionnels partenaires commerciaux de l’Afrique. La part ouest-européenne des exportations africaines s’est réduite de moitié, durant la période 2000-2005. »
Le moteur de la collaboration économique entre l’Afrique et l’Asie est la Chine. Quarante pour cent des exportations africaines vers l'Asie sont destinées à la Chine.

Le commerce entre la Chine et les autres pays du tiers monde part du principe gagnant-gagnant : les deux partenaires doivent tirer avantage tous deux du commerce. En règle générale, cela signifie que la Chine fournit des infrastructures en échange de minerais et de pétrole. Ainsi, fin 2007, un vaste accord a-t-il été conclu entre le Congo-Kinshasa et la Chine, dans lequel il est écrit qu’en échange de minerais, la Chine va prendre en charge la construction de 31 hôpitaux (de 150 lits chacun), 145 cliniques ou centres de soins de santé (de 50 lits chacun), 4 grandes universités, 20.000 habitations sociales, la distribution d’eau de la ville de Lubumbashi, un nouveau siège du Parlement, 3.300 km de routes, 3.000 km de voies ferrées. Lors de la signature du contrat, le ministre congolais de l’Infrastructure, Pierre Lumbi, a déclaré : « Pour la première fois dans l’histoire, le peuple congolais sait à quoi vont servir notre cobalt, notre nickel et notre cuivre. »

Le journal The Economist écrit : « Cinquante ans d’aide européenne et américaine n’ont pas rapporté grand-chose à l’Afrique. Il en va autrement avec la Chine. En échange de pétrole et de matières premières, la Chine met en place les infrastructures africaines. »

Il est évident que, de la sorte, la Chine suscite beaucoup de bonne volonté et se fait de nombreux amis en Afrique et ce, au détriment des liens entre l’Afrique et les États-Unis et entre l’Afrique et l’Europe.

La même chose se passe en Amérique latine. Là aussi, les liens économiques ont déjà mené à la conclusion de traités de « partenariat stratégique » entre, d’une part, la Chine et, d’autre part, le Brésil, le Venezuela, le Mexique, l’Argentine, le Pérou, Cuba, la Bolivie et le Chili.

L’Asie elle aussi connaît ces changements. Déjà, en 2003, le New York Times constatait : « La domination américaine en Asie, vieille de cinquante ans, s’effrite de plus en plus. Aujourd’hui, les pays asiatiques se tournent en premier lieu vers la Chine. » Entre-temps, la situation a tellement évolué que même les rapports entre les États-Unis et le Japon, Taiwan et la Corée du Sud, les trois principaux alliés des États-Unis en Asie, se retrouvent sous pression. En 1995, la Corée du Sud et Taiwan exportaient chacune deux fois plus vers les États-Unis que vers la Chine. Dix ans plus tard, les deux pays exportaient déjà davantage vers la Chine. En 1995, le Japon exportait trois fois plus vers les États-Unis que vers la Chine. L’an dernier, la Chine est devenue la première destination des exportations japonaises.

Un rapport adressé au Congrès américain dit : « Les courants commerciaux modifiés changent également les rapports de dépendance. Le Japon, Taiwan et la Corée du Sud sont désormais davantage dépendants de la Chine. (…) Les relations économiques font en sorte qu’il y a aujourd’hui plus de collaboration politique et d’entente entre la Chine et le Japon, Taiwan et la Corée du Sud. » Cela coïncide avec l’effritement de plus en plus prononcé de l’influence américaine en Asie.

Sur les trois continents du tiers monde, se produit le même phénomène. Partout semble venir la fin de la période coloniale. Au siècle dernier, et surtout après la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de nations du tiers monde ont arraché leur indépendance. Mais, dans de très nombreux cas, cette indépendance ne fut qu’apparente et elle changea très peu de chose à leur sous-développement. La présence de la Chine sur la scène internationale contribue désormais à une réelle indépendance de ces pays et à leur développement.


Source: infochina.be


Photo: infochina.be


Références bibliographiques

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–Economic Management Department Worldbank, From poor areas to poor people: China's evolving poverty reduction agenda | An asessment of poverty and inequality in China (Département du management économique de la Banque mondiale : Des régions pauvres aux gens pauvres : Agenda chinois de l’évolution de la réduction de la pauvreté. Une évaluation de la pauvreté et de l’inégalité en Chine), New York, 2009.
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–Zhu Shilong. « Interview with Liu Guoguang » (Interview de LG), Zhongguo Jizhe, 15 novembre 1992.

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 19:40

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Intervention au CN du PCF du 16 janvier 2011 : le communiqué du parti sur la Syrie du 30 décembre est une erreur (17/01/2012 publié dans : CN du PCF )
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Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe (16/01/2012 publié dans : impérialisme )
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La position du PCF sur la Syrie est erronée, suiviste, et dérive vers l'atlantisme (16/01/2012 publié dans : Ce qui ne peut plus durer au PCF )
Un commentaire sur RC posté par JMP qui dit l'essentiel : Sans même savoir la vérité - et alors même que Pierre Barbancey, le reporter de l'Huma au Proche-Orient est extrêmement prudent ce jour ...

Un appel de Domenico Losurdo pour stopper les préparatifs de guerre! (16/01/2012 publié dans : impérialisme )
lu sur le blog de jean lévy Lancé à l’initiative de Domenico Losurdo, cet appel international, paru en plusieurs langues et destiné au gouvernement respectif de chaque pays concerné, a déjà reçu ...

Réflexions de Fidel Castro : « La paix mondiale tient à un fil » (15/01/2012 publié dans : impérialisme )
lu sur le blog d'el diablo J’ai eu le plaisir, hier, de converser calmement avec Mahmoud Ahmadineyad que je n’avais plus vu depuis septembre 2006, voilà plus de cinq ans, quand il était venu à La ...

Rencontre-Débat : « Où va la politique extérieure de la France? Où va la France? » Mardi 24 janvier 2012 à l’Assemblée Nationale (15/01/2012 publié dans : Initatives et rendez-vous )
L e « Collectif communiste Polex » a le plaisir de vous inviter à une RENCONTRE-DÉBAT sous la présidence d'André GERIN, député du Rhône animée par Aline PAILLER, journaliste Mardi 24 Janvier 2012 ...

MENSONGES A LA "UNE" par Jean LEVY (09/01/2012 publié dans : CE QUE DIT LA PRESSE )
sur son blog Les médias, chaînes de télé et radios publiques, ne font plus "dans la dentelle". Leurs bulletins d'information s'apparente à l'objectivité de la propagande allemande , durant ...

Michel Kilo « Une intervention extérieure serait la destruction du pays » dans l"huma du 3 avril (08/01/2012 publié dans : impérialisme )
article signalé par JMP Mots clés : Entretiens, syrie, entretien, Personnalité reconnue de l’opposition, emprisonné à plusieurs reprises, Michel Kilo constate que ni le pouvoir 
ni l’opposition 
 ...

Dossier Syrie, 6 janvier 2011 (06/01/2012 publié dans : impérialisme )
Communiqué de Polex : réunion Syrie à l'ageca (Paris), samedi 7 janvier (06/01/2012 publié dans : Initatives et rendez-vous ) Depuis des mois, les médias français assènent sur les événements ...

 

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 19:40

Intervention de Pasquale Noizet (75) au CN du PCF le 16 janvier 2011


La crise économique se développe maintenant en risque de guerre.
Nous avons affaire à une crise délibérément aggravée comme une machine de guerre contre le peuple. La rigueur aggrave la crise qui sert  de prétexte pour plus de rigueur encore. L’attaque contre tous les acquis sociaux s’aggrave. Mais les réactions populaires sont marquées par un sentiment d’impuissance. C’est pourquoi Il faut fournir plus visiblement une alternative au capitalisme. Sinon, la colère qui monte peut se muer en fureur aveugle, qui sera reprise par l’extrême droite.


Les déficits ont été créés par les cadeaux fiscaux. Il faudrait revenir dessus. Il faut faire payer les riches pour des dettes qu’ils ont créées et dont ils continuent de bénéficier.
Je trouve notre programme trop consensuel, il ne va pas assez loin dans la reprise de contrôle de l’économie, dans la nationalisation des banques, de l’énergie. C’est l’Europe qui nous l’interdit. L’Europe sert d’alibi pour la casse de tous les acquis sociaux, mais rien d ‘étonnant : elle a été construite pour cela.


Le capitalisme fonce droit dans le mur de la dette. Comme en 1789, il peut y avoir une situation révolutionnaire ! La crise commencée en 2008 s’approfondit et s’étend. Les dirigeants occidentaux acculés sont tentés par la fuite en avant dans la guerre. Nous avons déjà vu les effets en Libye. Maintenant, la Syrie, l’Iran sont menacés à leur tour d’invasion, et le risque d’une confrontation directe de l’Occident avec la Russie ou la Chine n’est plus exclu. Nous avons une responsabilité particulière, parce que la France est au premier rang des agresseurs potentiels. Et sans vouloir ménager le régime syrien, il faut être lucide : les droits de l’homme ne sont qu’un prétexte. Je suis donc très étonnée par les termes du communiqué du parti du 30 décembre sur la Syrie :

« La France et ses partenaires européens, comme les États arabes, doivent manifester une détermination politique beaucoup plus grande pour obtenir le retour des troupes syriennes dans leurs casernes, la libération des détenus et la liberté pour les manifestations populaires. Des sanctions elles aussi renforcées doivent viser et isoler le régime de Damas. »


Faut-il parler comme l’émir du Qatar ? Faut-il parler comme Sarkozy ? Faut-il répéter sans nuance les injonctions des médias ?


Ces sanctions pénaliseraient tous les Syriens, et s’attaqueraient directement à la souveraineté de leur pays. Mais de plus elles seraient le premier pas en direction de cette intervention militaire à la libyenne que veut Sarkozy. Nos camarades communistes syriens sont divisés, certain soutiennent le régime d’autres font partie de l’opposition démocratique, mais ils sont résolument opposés aux ingérences occidentales dans leur pays. Ils ont raison ! La démocratie ne s’impose pas de l’extérieur ! On a vu ce que ça donnait, en Irak, en Afghanistan, en Libye !


Je crois qu’il faut que notre parti prenne ses distances avec la campagne médiatique à sens unique qui vise à préparer l’opinion à une nouvelle agression contre un nouveau pays arabe ou musulman: il n’est pas exact que le gouvernement syrien soit le seul responsable des violences. Des groupes terroristes manipulés par les services étrangers, y compris français, sont à l’œuvre également. L’ingérence occidentale n’a rien d‘humanitaire et il ne faut pas la cautionner. Les appels guerriers contre la Syrie, ancienne colonie française, sont particulièrement inacceptables. Ils signifient le retour de l’impérialisme et du néocolonialisme.

Je crois que la lutte pour la paix, qui implique d’exiger la sortie de l’OTAN, doit redevenir une priorité de notre parti, comme elle l’avait toujours été.


Résumé de l’intervention de Pasquale Noizet (CN du PCF 9 janvier 2011):

La crise s’aggrave et le capitalisme est acculé, il fonce dans le mur de la dette. Quand une situation révolutionnaire devient possible, il est urgent de montrer l’alternative au capitalisme, sinon la colère populaire ira à l’extrême droite. La crise risque de se développer en guerre, et le communiqué du parti sur la Syrie du 30 décembre est une erreur : il laisse le champ libre à une agression impérialiste  contre la Syrie. Nous avons une responsabilité particulière, nous au PCF pour défendre la paix. La démocratie ne peut pas s’imposer à un pays par l’invasion étrangère.

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 16:20

Texte légèrement remanié par rapport à la version publiée sur RC en septembre 2011 sous le titre "réflexions sur l'antisémitisme actuel (2011)".


Réflexions générées sans doute par la lecture de la brochure stimulante de Badiou et Hazan « l’antisémitisme partout », Paris 2011, éditions La Fabrique. Réactualisées par les dérives antisémites diverses concernant des altermondialistes, anti-impérialistes ou même des communistes, signalées par Danielle Bleitrach sur son blog :ici 

 

I


1)      Il est juste de rappeler, avant d'aborder la question de l'antisémitisme actuel pour déterminer sa fonction politique et pour évaluer son degré de nocivité, que les juifs ont été opprimés longtemps, en tant qu’individus et en tant que nation, et ont subi un génocide entre 1941 et 1945 des mains des nazis et de l’armée allemande qui a tué un tiers de leur peuple, soit environ six millions de personnes sans distinction de classe, de sexe, ni d'âge. Le but des nazis en cas de victoire était l'extermination de tous les juifs dans le monde.

 

2)      Précisément depuis 1945 la situation des juifs a changé. Le peuple juif n’est plus un peuple opprimé, bien que le traumatisme de l’extermination persiste chez les survivants, leurs descendants, et se renouvelle dans les nouvelles générations juives par la victimisation secondaire opérée par leur éducation.

 

3)      Depuis plus de 60 ans l’oppression séculaire des juifs a disparu. Cette émancipation réelle observable dans le monde est  principalement due aux sacrifices et à la victoire écrasante de l’Armée Rouge, de Stalingrad à Berlin, entre 1942 et 1945. C’est elle qui a anéanti l’hitlérisme, son armée et ses idées. On comptait d’ailleurs dans ses rangs des centaines de milliers de combattants juifs.


 II

 

4)      Mais la majorité des juifs d’aujourd’hui pense peut être que sa sécurité acquise de peuple dispersé dans le monde est due à l’action d’Israël qui la protège à distance. Il faut espérer que ce n’est pas le cas, car la continuité d’un État juif en Palestine, même nanti de l’arme nucléaire, n’est pas du tout garantie à long terme. Il suffit de regarder une carte : il semble un ghetto minuscule, à l’échelle de la planète, et on imagine mal comment il pourra survivre longtemps s’il reste comme un corps étranger implanté par la volonté de l’Occident au Moyen Orient.

 

5)      Israël n’a pas de légitimité comme représentant du peuple juif. Il est le résultat d’un projet porté par l’idéologie sioniste qui voulait réaliser un État national juif en Palestine, après émigration de tous les juifs dans ce pays dont leurs ancêtres culturels et peut-être biologiques, les Hébreux, avaient été chassés par l’Empire Romain aux premier et deuxième siècles de notre ère. Ce projet minoritaire de donner un territoire à une nation qui en était dépourvue, et qui était menacée par la montée du racisme antisémite n'était pas en soi condamnable, ce qui l'était, c'était d'en spolier un autre peuple pour atteindre ce but.

 

6)      Car c'était aussi un projet colonial de spoliation des peuples indigènes, qui ressortait de la politique et de l’idéologie colonialiste occidentale des années 1860 à 1914 : le projet d’édifier un foyer national juif en Palestine fut élaboré dans le déni des droits des habitants arabes, les Palestiniens, soumis à ce moment là à la domination ottomane, puis britannique après 1918.

 

7)      Le sionisme est resté minoritaire dans le peuple juif jusqu’à la fondation de l’État israélien en 1948, qui s’est faite au prix de l'exil forcé des Palestiniens, et a pu devenir dominant dans la diaspora à cause de l’anéantissement par le génocide nazi et l’exil du principal noyau démographique et culturel juif qui se trouvait dans la zone des juifs de langue yiddish, en Europe de l’Est, qui était resté indifférent ou hostile au sionisme, et dont une large fraction avait soutenu la révolution bolchevique.

 

8)      Loin de fournir une quelconque protection au peuple juif, Israël a dressé contre lui tout le monde arabe, musulman, et le Tiers Monde en général. S’iI protège les juifs, c’est contre les ennemis qu’il leur a lui même créés. Face aux nazis, en fait de résistance, les précurseurs sionistes de l’État israélien s’étaient bornés à négocier en vain avec eux un transfert des juifs allemands en Palestine.


 III

 

9)      L’antisémitisme aujourd’hui n’a pas disparu mais il n’a plus sa bonne conscience et la valeur d’opinion dominante qui était la sienne avant la seconde guerre mondiale, où les médias des « démocraties libérales » et l’establishment américain (Ford, Disney, Joseph Kennedy, Hearst) étaient majoritairement antisémites.

 

10)   L’antisémitisme est devenu aujourd’hui une pulsion morbide et clandestine ou une idéologie pour marginaux et non une force politique. Il ne peut être dangereux que dans des situations relevant de la délinquance et/ou du dérèglement mental, et très exceptionnellement (comme dans l’affaire du meurtre crapuleux d’Ilan Halimi).

 

11)   Au-delà de ces cas pathologiques, de nombreuses accusations d’antisémitisme circulent dans les médias, parfois du registre de la malveillance pure (ainsi la campagne contre Jean Luc Godard). Elles sont intentées, qu’elles soient fondées sur la réalité ou non, pour discréditer les adversaires d’Israël, qui se recrutent en général dans le mouvement national palestinien et dans ses réseaux d’aide, marqués à l’extrême gauche.

 

12)   Le mouvement sioniste et les forces politiques qui dominent en Israël s’en félicitent, car ils ont tout intérêt à faire croire à une recrudescence de l’antisémitisme, voire quant elle se manifeste vraiment à la stimuler par des provocations massives du genre de l’opération contre Gaza dite « plomb durci » en janvier 2009.

 

13)   Ainsi ce courant nationaliste anti-arabe hérité de l’ère coloniale peut travailler à ressouder les liens entre Israël et la diaspora, à le transformer en soutien inconditionnel, renforcer l’émigration juive en Israël,  et même à donner à l’impérialisme occidental une apparence de  contenu humaniste antiraciste en exhibant les dérapages antisémites de la propagande adverse.

 

14)   Les antisémites fascistes ou intégristes (y compris les intégristes musulmans) et parfois aussi gauchistes (le négationnisme des chambres à gaz est un produit d’extrême gauche à l’origine) ont intérêt à feindre un grand engagement pour la cause des Palestiniens, mais leur principal but est la réalisation pulsionnelle leur aliénation raciste. Ils sont les complices objectifs des précédents.

 

IV

 

15)   Depuis une vingtaine d’année (précisément depuis la chute de l’URSS) on assiste à une réécriture de l’histoire comme un combat sommaire du bien démocratique libéral contre le mal « totalitaire », catégorie confusionniste où nazisme et communisme sont amalgamés en dépit de la réalité historique, et les juifs sont les otages de cette réécriture.  

 

16)   Dans ce détournement, Auschwitz et les camps d’extermination nazis sont présentés en dehors du contexte historique réel et de toute explication rationnelle, de manière mystique, comme une forme de « mal radical ».  Ainsi la responsabilité écrasante dans l’instauration des régimes fascistes, endossée par les dirigeants politiques, militaires et économiques du capitalisme européen entre-deux-guerres et le rôle dans la dérive fasciste de la banalité idéologique anticommuniste de l’époque est cachée aux nouvelles générations, et la mémoire de la Shoah, boursouflée d’émotion surjouée par des hypocrites, est cyniquement récupérée pour servir à la diabolisation du « totalitarisme » donc du communisme amalgamé au nazisme. On en arrive à la dénaturation complète de la vérité historique, où la force politique communiste qui est celle qui a combattu le plus résolument le nazisme est calomniée et diabolisée. Pour Le Pen, Auschwitz n'était qu'un "détail" de l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale, pour l'histoire scolaire en Occident, c'est devenu un détail de l'histoire du totalitarisme.

 

17)   La Shoah a d’abord été récupérée par l’histoire nationale israélienne, ce qui se comprend aisément, mais au prix d’une distorsion de la réalité historique. Les victimes de la Shoah furent les juifs qui ne voulaient justement pas émigrer en Palestine, et à qui on a bien souvent refusé l’entrée aux États-Unis ou en France. Cette récupération sert à créer en Israël une mentalité de citadelle assiégée, et à produire les conditions psychologiques pour que les jeunes israéliens ne puissent refuser de participer à des guerres d’agression répétées, toujours lancées au nom de la sécurité du peuple juif.

 

18)    la Shoah est utilisée sans scrupule maintenant pour le récit scolaire occidental de la fin de l’histoire, qui aboutirait au meilleur des mondes, démocratique et libéral. L’espoir secret des propagandistes du  millénaire libéral étant que les ennemis du capitalisme seront assez bêtes pour se discréditer en tombant dans le piège grossier du négationnisme, comme l’ultra gauche « conseilliste » et « bordiguiste » y a donné tête baissée dès les années 1960, avec quelques autres, anarchistes, ou trotskistes. Bien entendu il s’en trouvera encore d’autres, et on leur fera la plus grande publicité possible. Chez les communistes il ne s’est guère trouvé que Garaudy, après son exclusion, pour se déshonorer de cette manière.

 

19)   Toute dénégation ou minimisation de la Shoah sous prétexte de lutte anti-israélienne est odieuse et stupide. Toute exploitation qui en est faite pour justifier la politique israélienne l’est tout autant. Il n’y pas de continuité entre l’histoire de la Shoah et celle d’Israël. Israël n’est pas un dédommagement accordé aux juifs pour compenser la « solution finale ».  Si c’était le cas, il aurait été créé dans un territoire allemand, en Prusse par exemple. Et en toute justice, les Palestiniens n’ont pas à payer pour des crimes européens.

 

V

 

20)   Israël se prétend représentant de tous les juifs et «  État juif ». La critique d’Israël  dérape souvent en critique des juifs en général du fait de cette revendication exorbitante.  

 

21)   Des institutions pseudo représentatives (comme en France le CRIJF) font pression moralement sur les juifs de la diaspora pour les obliger à s’aligner sur le sionisme. Cela crée une confusion délibérée, qui rend difficile de limiter à la responsabilité des seuls Israéliens les actions d’Israël, et cela d’autant  plus que la jeunesse juive apolitique française, toute aussi ignorante de l’histoire et manipulée par les médias que le reste de sa génération s’érige souvent en supporter bruyant des colons et de l’armée d’occupation. Cette confusion entre juifs et Israéliens est bien entendu voulue par les autorités israéliennes.

 

22)   Le philosémitisme actuel en Occident n’est que l’antisémitisme bourgeois des années 1930, mais inversé.  Selon  Hazan et Badiou « un philosémite est un antisémite qui aime les juifs ». Ainsi, des journalistes d’un hebdo français autrefois prestigieux accusaient l’an dernier d’antisémitisme tous ceux qui critiquaient « les riches », puisque tout pro-sionistes qu’ils étaient, ils adhéraient au cliché antisémite selon lequel tous les juifs sont riches.

 

23)    Et le philosémite s’il aime les juifs les préfère loin de chez lui, à condition qu’ils forment une colonie militaire en avant poste impérialiste au Moyen Orient, qui surveille la route du pétrole. La durée de vie maximale de l’amour pour l’État juif proche oriental, dans le cœur de l’Occident capitaliste, est donc celle des réserves du Golfe : un demi-siècle.  

 

24)   Israël peut survivre dans les prochaines générations s'il rompt avec le sionisme et trouve un accord juste avec les Palestiniens et ses voisins arabes qui impliquera son insertion dans la région et donc beaucoup de concessions (deux États souverains, partage de Jérusalem, droit au retour des Palestiniens, etc.). Le meilleur plan de paix cependant comporterait la refondation d’un état unique Palestinien pour les Arabes et les Juifs, avec les frontières du mandat palestinien, laïc et régit par le droit du sol.

 

25)   Certains sionistes particulièrement naïfs, juifs ou non, croient au mythe antisémite de la toute puissance des juifs. Ils croient, et font croire, qu’Israël peut faire pression sur les États-Unis et les médias ne se privent pas de reproduire cette aberration.  Les antisémites d’en face le croient aussi. La vérité est bien sûr tout le contraire : Israël est un satellite des États-Unis, et loin d’être le plus important. Le pouvoir du « lobby juif » américain est infiniment plus limité que celui du complexe militaro-industriel, que ceux des différentes églises protestantes, ou que celui des armes à feu. Dans l’alliance réactionnaire entre juifs sionistes de New York et fondamentalistes apocalyptiques du Middle West qui influence le Congrès des États-Unis, les maîtres du jeu sont ces « ploucs » dangereux qui pensent sérieusement que le retour des juifs en Palestine est un « signe » précurseur du retour du Christ.

 

26)   Sur la question palestinienne, la solution démocratique qui doit prévaloir ne peut qu’être retardée par les manifestations d’antisémitisme. Ce qui empêche la majorité des juifs d’Israël ou de la diaspora de soutenir l’idée d’un accord de paix concret avec leurs adversaires arabes est la crainte pour la sécurité future du peuple juif et l’antisémitisme bruyant et odieux mais fondamentalement inoffensif de quelques marginaux montés en épingle ranime cette crainte, à la grande joie des partisans de la guerre éternelle au pouvoir en Israël.

 

27)    Bien sûr nul ne peut dire avec certitude si dans l’avenir lointain les juifs ou n’importe quel autre peuple vivront toujours en sécurité, mais ce qui est certain c’est que cette sécurité ne viendra pas d’Israël.  Israël et sa politique de fuite en avant représente le principal danger actuel pour le peuple juif.

 

VI

 

28)   Il ne faut pas confondre avec les résidus de l’antisémitisme occidental  la haine anti-judaïque qui s’est développée dans le monde arabe et musulman depuis 1948. Toute condamnable qu’elle soit, elle est plus du registre de la xénophobie de guerre qui se développe en pays vaincu et humilié dans son orgueil national que du racisme proprement dit.  Elle est comparable à la haine anti allemande dans la France d’après 1870. Elle enveloppe tous les juifs parce qu’Israël  prétend être « l’État juif ».  Elle s’éteindra rapidement avec la disparition des conditions historiques qui l’ont créée.

 

29)   L’antisémitisme agressif et meurtrier de la première moitié du vingtième siècle européen s’attaquait à des communautés juives qui demandaient avant tout le « droit à l’indifférence », soucieuses qu’elles étaient d’intégration dans leurs pays respectifs. Aujourd’hui le débat sur la supposée résurgence de l’antisémitisme se produit dans un contexte tout autre, d’exacerbation des pseudos-identités et du narcissisme communautariste, qui affecte aussi bien les juifs, que les autres groupes minoritaires des sociétés occidentales (LGTB, musulmans, noirs, etc.). Dans ce contexte dérapages verbaux et incidents racistes sont fréquents de part et d’autre. Mais ils sont de l’ordre de la posture, ils reflètent un pervers « vivre ensemble en ghetto » directement importé des États-Unis et n’impliquent aucun projet politique précis, si ce n'est le maintien du monde tel qu'il est. Les "différences" entre ces pseudo-communautés sont toutes absorbées dans l'identité du consommateur aliéné prêt à tout piétiner pour une paire de basquettes de marque.

 

30)   L’antisémitisme résiduel en Occident est une forme de hooliganisme, ni plus ni moins. Comme toujours dans ce cas, il exprime le désir égaré du « rebelle sans cause » parfaitement impuissant qu’adore le cinéma capitaliste, désir de se faire remarquer en contredisant systématiquement le message moralisateur des institutions, quel qu’en soit le contenu, qu’il s’agisse de respecter le drapeau national, d’être poli avec les dames , de cesser de fumer ou de communier dans le devoir de mémoire.

 

31)   L’antisémitisme au XXIème siècle est une survivance de peu d’importance politique réelle, mais c’est un piège symbolique efficace pour discréditer les causes anti-impérialistes. Pour le désamorcer il faut condamner résolument et sans phrases toutes ses manifestations réelles, et condamner l’indécente instrumentalisation des accusations d’antisémitisme. Ce qui implique de faire l’effort de se mettre à la place des intéressés, les juifs, les arabes, et les autres. Et de peser soigneusement ses termes en gardant à l'esprit la possibilité permanente de détournements malveillants. Il est affligeant de constater le nombre de militants d'extrême gauche, parfois très intelligents, qui sont incapables de cette forme élémentaire d’empathie.

 

 

Gilles Questiaux, membre du comité exécutif de la section du XXème arrondissement de Paris du PCF, 31 août 2011

 

Par Réveil Communiste - Publié dans : Théorie immédiate - Communauté : Parti Communiste Français
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 16:15
 

Madame, Monsieur,

Vous trouverez, ci-dessous, mon courrier au ministre de la culture et de la communication à propos du lobbying exercé par les héritiers de Louis Renault pour tenter de le réhabiliter.

Cordialement

André GERIN

 


Monsieur le Ministre,

Je reviens vers vous à propos des tentatives de réhabilitation de Louis Renault, qui se multiplient sur les chaînes de service public de la télévision.

Votre attention avait déjà été attirée par le dossier intitulé : « Louis Renault a-t-il collaboré avec l’Allemagne nazie ? » diffusé le 2 mars 2011 dans le journal de 20 heures de M. David Pujadas sur France 2.

Voici quelques jours, le 12 janvier, dans l’émission Télématin que présente M. William Leymergie, M. Gérard Grizbec revenait à la charge. Les téléspectateurs ont pu l’entendre affirmer que Renault n’avait pas plus fourni l’Allemagne nazie que Peugeot ou Citroën, que les uns et les autres avaient résisté et que Louis Renault avait servi de bouc-émissaire à la Libération.

Cette lecture négationiste de l’histoire accompagne, comme vous le savez,  les démarches engagées auprès de la justice par les petits-enfants de Louis Renault afin d’obtenir la réhabilitation de leur grand-père et des dommages et intérêts relatifs à la nationalisation des usines prononcée à la Libération par le gouvernement provisoire du Général de Gaulle.

L’exposé des motifs de l’ordonnance instituant cette nationalisation est explicite sur les raisons de cette décision et établit la preuve de la collaboration de Renault avec l’occupant, comme cela a déjà été rapporté.

Suite au journal de M. Pujadas, un droit de réponse avait été demandé auprès de la direction de la chaîne afin que les historiens, les syndicalistes, des témoins puissent rétablir la vérité. Ils n’ont pas obtenu cette possibilité.

La même sollicitation s’impose après les propos de M. Grizbec.

Le service public audiovisuel se met aujourd’hui à la disposition active d’une entreprise de lobbyings de la famille Renault. Nous ne pouvons l’accepter.

Je souhaite donc savoir ce que vous comptez entreprendre afin que France 2 donne enfin la parole à celles et ceux qui sont les héritiers des résistants de Renault à l’Allemagne nazie et qui combattent à juste titre cette réécriture de l’histoire.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations les meilleures.

 

André GERIN

Par Réveil Communiste - Publié dans : Connaître et défendre notre histoire - Communauté : Parti Communiste Français
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Qui sommes-nous?

Réveil Communiste : blog animé par des membres du PCF remettant en cause l'évolution générale postcommuniste de la ligne depuis le congrès de Martigues (2000).

Initialement fondé en septembre 2007 pour contrecarrer les manœuvres de liquidation du parti engagées par une partie de l'appareil dans la foulée de l'échec électoral de MG Buffet.

En 2011 RC a soutenu la candidature d'André Gerin, puis conformément à son désistement, celle d'André Chassaigne, pour la candidature communiste à l'élection présidentielle de 2012.

Animateur principal depuis février 2010 : Gilles Questiaux.

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