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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 15:15

La retraite mais aussi la question de la qualité de la vie à Cuba

Selon des experts nationaux, Cuba est parmi les nations dont la population les plus âgées  de l’Amérique latine et dans une date pas très lointaine, en  2025, un Cubain sur quatre aura plus de 60 ans. C’est toujours un problème d’avoir une population qui n’est pas en âge de travailler et la croissance démographique qui permet d’avoir une population jeune est en général recherchée. un des effets bien connu des sociétés modernes est le relâchement des liens de solidarité qui sont plus ou moins compensés par des solidarité intergénérationnelles institutionnalisées comme le droit à la retraite et à la santé. Et une des problèmes de nos sociétés capitalistes occidentales est que l’on rogne sur ces droits institutionnels alors mêmes qie les liens de solidarité ne cessent de se distendre. ce qui multiplie les situations inhumaines. Mais là dessus aussi Cuba a tenté d’innover en donnant un nouveau rôle aux anciens, en non seulement leur accordant des droits qu’aucune autre société pauvre ne leur accorde mais également en travaillant sur la question des  moyens pour qu’ils ne soient pas rejetés par la société.

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La Nouvelle-Zélande a-t-elle besoin d’une politique démographique au service de l’environnement?par Byron Clark

Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Source : http://workersparty.org.nz/2010/07/17/does-new-zealand-need-a-population-policy-for-the-benefit-of-the-environment/
Publiée par le Workers Party de Nouvelle-Zélande, maoïste, cette conférence a été prononcée par Byron Clark, lors du Marxism 2010, dans le cadre d’un débat avec John Robinson. Elle a le mérite d’aborder la question déjà brûlante des réfugiés écologiques. Comme le fait remarquer l’auteur, un ancien pêcheur du Nigeria, dont les rivières sont polluées par les multinationales, s’il quitte son pays, s’apparente autant à un émigré économique qu’à  un migrant pour raisons écologiques. Si, comme le prévoient des gens très sérieux, on doit s’attendre à faire face à des réfugiés du climat en grand nombre, il faut se préparer à répondre aux arguments d’une droite décomplexée qui risquerait de donner dans des politiques migratoires digne de ce qu’on pourrait nommer un écofascisme. S’il pêche par le caractère utopique auquel n’échappe pas celui qui, fût-il marxiste, prétend entrer dans la cuisine de l’histoire pour y élaborer des recettes plus ou moins épicées, Byron Clark a néanmoins l’intérêt de s’opposer à l’infamie que les droites néozélandaise et australiennes osent déjà porter dans le débat public, face à l’afflux de réfugiés politiques et de migrants économiques venus d’Asie et à la prévisible submersion de certaines îles du Pacifique. (Marc Harpon)

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Questions de cadrage par Laure Bordonaba : Judith Butler, Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le deuil

Judith Butler

Toutes les vies n’ont pas la chance d’être regardées comme telles, et certaines, les plus précaires, se perdent dans l’indifférence. Comment expliquer cette démarcation ? Que lui opposer ? La philosophe Judith Butler, qui s’est fait connaître comme théoricienne du genre, revient sur la manière dont la guerre et ses discours enserrent la gauche libérale dans des contradictions qu’elle se doit d’invalider.

Recensé : Judith Butler, Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le deuil, trad. Joëlle Marelli, Paris, Zones, 2010. (Frames of War : When Is Life Grievable ?, Londres et New York, Verso, 2009). 176 p., 15 €.

Mariela Castro: «Je veux porter sur le terrain de la sexualité la révolution que Fidel et Raúl ont faite il y a 50 ans.» (Béatrice Devènes)

Cet entretien est remarquable et prouve l’avancée cubaine… Non pas seulement parce qu’un groupe humain que l’on a voulu transformer en espèce hors humanité à cause d’une dimension de lui-même trouve sa place dans la Révolution, mais parce que cela pose effectivement dans le grand chantier qu’est Cuba, la question fondamentale de l’articulation entre droit humains collectifs et individuels, la sexualité et le genre étant comme Marx l’avait envisagé dans les manuscrits de 1844, la marque du degré de civilisation qu’une société à atteint dans le respect que l’être humain se porte à lui-même. Autant je ne supporte pas que l’on utilise ces questions pour masquer la nécessité de la transformation révolutionnaire du mode de production, forces productives et rapports de production, autant il est fondamental de ne pas les laisser en chemin sous prétexte soit qu’elles dérangent les préjugés des combattants, soit que cela serait « secondaire »… Il faut avancer pas à pas, dans le dialogue dans une pédagogie qui fasse grandir l’humanité et la lucidité de Mariela est exemplaire, jamais elle n’oppose, toujours elle conserve le but révolutionnaire, c’est ce que marx Appelait « l’unité de l’objectif », il passe par la conviction et l’avancée des consciences: personne ne peut faire taire un Cubain dit-elle, c’est pour ça que la Révolution est encore vivante. Là encore il faut réintroduire la dialectique et ne pas opposer, ne serait-ce que pour contrebalancer et dénoncer les hypocrisies liberal-libertaire s bien réelles- ce qui est indissolublement lié dans une perspective d’émancipation humaine. A propos, j’espère que vous l’avez remarqué, avec l’article de Marc Harpon et celui-ci, le nouveau blog est arrivé…  A toi Marc, je te conseille de mettre le remarquable article sur l’écologie et le changement climatique à travers la Nouvelle Zélande que tu nous a préparé mais tu es maître à bord. Note de danielle bleitrach

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Quand l’histoire russe marche sur ses pieds : John Arch Getty et le nouvelle soviétologie anglo-saxonne, par Marc Harpon

Marc Harpon

Ce blog proposera régulièrement à ses lecteurs de penser avec ou contre les connaissances, authentiques ou de contrebande, qui circulent sur les expériences socialistes d’hier. Les sources qu’on utilisera alors seront d’abord et surtout empruntées à la recherche historique anglo-saxonne qui, notamment depuis la chute de l’Union Soviétique, a exploité abondamment des archives jusque là indisponibles. Mais le choix de faire découvrir les travaux empiriquement fondés d’auteurs comme Sheila Fitzpatrick, John Arch Getty, Moshe Lewin (malheureusement décédé cet été) ou d’autres (comme Rittersporn en France) répond aussi à des préoccupations et convictions d’ordre plus théorique : comme toute expérience sociale, les expériences socialistes sont étudiées d’un point de vue, individuel et collectif. Ainsi, les manipulations d’un Stéphane Courtois ne peuvent pas se penser indépendamment de l’anticommunisme du personnage et cet anticommunisme ne s’interprète correctement qu’en référence à son passé de repenti, lui même rendu intelligible par les préjugés dominants, qui sont, bien entendu, ceux des classes dominantes. L’indignation morale d’un Courtois n’est pas un argument, mais seulement un symptôme, le symptôme d’une maladie économique appelée société bourgeoise. Ce premier article a donc pour but d’exposer les convictions qui fondent l’intérêt que l’on portera aux historiens dont il vient d’être question, et de présenter dans les grandes lignes leurs travaux et découvertes.

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de l’utilité en politique… par danielle Bleitrach

Quel est cet étrange pouvoir de déraisonner que la patience du peuple français semble avoir accordé à ses représentants qu’ils en osent à présent n’importe quelle sottise .  Nous avons désormais une nouvelle catégorie de  la chose publique, les « faillis de démission », c’est ainsi que monsieur Kouchner justifie ses faiblesses gouvernementales, « face à l’expulsion des Roms, j’ai failli démissionner! Et ce n’est pas la première fois »

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La Chine et les syndicats

Quoiqu’on en dise en France, il y a des syndicats en Chine , à la fin de l’année dernière, le pays comptait 1,84 millions d’organisations syndicales au niveau de base, rassemblant 226 millions de membres, d’après les chiffres de la FSCE. la vraie question est celle de leur implantation inégale, en particulier dans les entreprises privées, étrangères, et surtout en ce qui concerne les travailleurs migrants. C’est un problème que nous avons souvent posé dans ce blog. Nous assistons actuellement à une évolution importante.

La Fédération des Syndicats de Toute la Chine (FSTC) a recommandé ce week-end que des syndicats soient créés dans toutes les entreprises privées, y compris celles à capitaux étrangers ou celles à capitaux de Hong Kong ou de Taiwan.

La FSTC a publié une note urgente vendredi soir,en demandant que dans toutes les branches soit promue  une couverture syndicale afin d’améliorer la protection des intérêts des travailleurs, et en particulier celle des travailleurs migrants.Elle a exhorté les syndicats à favoriser la création d’un système de négociation collective des salaires, en accord avec les lois sur le travail et les syndicats, ainsi que d’aider les travailleurs qui sont affectés à une ligne de fabrication à obtenir un meilleur salaire. Les syndicats devront également inciter les entreprises à enrichir la vie de leurs employés, en organisant davantage d’activités sociales, de distractions et de sport.Dans le même temps il est prévue d’améliorer la réprésentativité syndicale qui a souvent été critiquée, en réclamant que davantage de responsables syndicaux soient désignés par la voie des élections de la base.

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From Communist Party of Israel: Des artistes israéliens refusent de jouer dans les implantations israéliennes en territoire occupé palestinien

Traduit par danielle Bleitrach pour changement de société.
Tel Aviv:Des centaines de personnes se réunissent pour soutenir le boycott des implantations par les acteurs

Hadash MK : « le théâtre israélien n’est pas un théâtre de marionnettes »

 Des centaines de personnes de  se sont rassemblé hier (lundi, le 30 août 2010) au Théâtre national Habima à Tel-Aviv pour manifester leur soutien à ses acteurs qui boycottent les manifestations culturelles qui auraient lieu à Ariel dans des implantation en Cisjordanie (Rive Ouest) en territoire palestinien accupé.

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L’affaire Alan Gross: Une « grosse »* peut-elle faire Cinq? Par Saul Landau

 [*une « grosse » est mesure un peu oubliée qui correspondait à 12 douzaines, ndt]

Quelqu’un, peut-être le protagoniste lui-même, a commis une erreur – tout au moins une « étourderie » comme les bureaucrates de Washington appellent leurs erreurs. Alan Gross,  en mission pour sa compagnie (la DAI), qui travaille pour l’USAID (Agence des Etats-Unis pour le Développement International)  avait demandé un visa  de tourisme pour voyager à Cuba dans le but de « promouvoir la démocratie », un euphémisme pour saper les gouvernements qui ne plient pas devant les dictats de Washington.

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Démontage de l’Université, guerre des évaluations et luttes de classes Par Yves Citton

à propos de Christopher Newfield, Unmaking the Public University, de Guillaume Sibertin-Blanc et Stéphane Legrand, Esquisse d’une contribution à la critique de l’économie des savoirs, et de Oskar Negt, L’Espace public oppositionnel
L’histoire du démontage de l’Université publique américaine que propose Newfield permet par comparaison et anticipation de mieux situer les enjeux idéologiques et politiques des « réformes » que l’on voudrait imposer en France. Deux autres ouvrages récents invitent, selon Yves Citton, à chercher la vraie réforme en cours là où on ne l’attendait pas.

Qu’on y voie briller la promesse d’un avenir radieux (riche, innovateur, autonome) de nos vieilles Sorbonnes européennes, ou qu’on y fantasme l’asservissement définitif du savoir sous la coupe du néolibéralisme, la référence à l’Université américaine joue un rôle central dans les débats français sur la redéfinition de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ce rôle est invariablement leurrant, dès lors qu’on conjugue « l’Université américaine » au singulier – alors que ce qui caractérise la situation outre-Atlantique, c’est bien plutôt la juxtaposition détonante d’îlots paradisiaques et de misère endémique, d’initiatives admirables et de pressions inavouables. Les fantasmes américanophiles et américanophobes restent prisonniers de débats qui nous font répéter, avec vingt ans de retard, des erreurs depuis longtemps dénoncées comme telles outre-Atlantique. Pour sortir de ces ressassements d’arrière-garde, le mieux serait dès lors de prendre des nouvelles fraîches du front, tel que le décrivent ceux qui y combattent en première ligne.

Par Réveil Communiste - Publié dans : publications - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 13:54

                                     Site : unitecommuniste

 

www.unitecommuniste.org

 

A certains moments, le lien avec le site n’ouvre pas, nous vous conseillons alors d’exécuter un « copier / coller » sur votre moteur de recherche internet, Google ou autre, merci de votre compréhenssion
                                          _____________________

 

 

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                                                                     - Marx et la lutte des classes                               

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Par Réveil Communiste - Publié dans : publications - Communauté : Parti Communiste Français
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 09:36

Invitation à un pot de l’amitié à la braderie de Lille (vu sur el diablo)

de la part de la Coordination Communiste 59/62

Communiqué :

Ce week-end, les samedi 4 et dimanche 5 septembre se tiendra la traditionnelle Braderie de Lille et, comme tous les ans et pendant les deux jours, la Coordination Communiste 59/62 sera présente Boulevard de la Liberté, sur le côté du Musée des Beaux Arts.

Nous y serons présents avec notre librairie politique, avec notre journal Chantiers, avec nos affiches politiques et tracts, notamment notre déclaration politique de rentrée qui sera diffusée en masse. Mais aussi avec de la bonne musique... et de quoi boire un café ou un verre !

Le dimanche, à 12h00, tous les sympathisants et amis, tous les compagnons de combat sont invités à venir au pot de l'amitié offert par la Coordination Communiste.

Venez partager un moment de convivialité et de fraternité ! L'occasion aussi de partager nos analyses et nos réactions sur la situation politique !

Par Réveil Communiste - Publié dans : Initatives et rendez-vous - Communauté : Résistance 2007
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 09:03

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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 22:01

Quand l’histoire russe marche sur ses pieds : John Arch Getty et le nouvelle soviétologie anglo-saxonne, par Marc Harpon (sur le blog de Danielle Bleitrach)

Marc Harpon

Ce blog proposera régulièrement à ses lecteurs de penser avec ou contre les connaissances, authentiques ou de contrebande, qui circulent sur les expériences socialistes d’hier. Les sources qu’on utilisera alors seront d’abord et surtout empruntées à la recherche historique anglo-saxonne qui, notamment depuis la chute de l’Union Soviétique, a exploité abondamment des archives jusque là indisponibles. Mais le choix de faire découvrir les travaux empiriquement fondés d’auteurs comme Sheila Fitzpatrick, John Arch Getty, Moshe Lewin (malheureusement décédé cet été) ou d’autres (comme Rittersporn en France) répond aussi à des préoccupations et convictions d’ordre plus théorique : comme toute expérience sociale, les expériences socialistes sont étudiées d’un point de vue, individuel et collectif. Ainsi, les manipulations d’un Stéphane Courtois ne peuvent pas se penser indépendamment de l’anticommunisme du personnage et cet anticommunisme ne s’interprète correctement qu’en référence à son passé de repenti, lui même rendu intelligible par les préjugés dominants, qui sont, bien entendu, ceux des classes dominantes. L’indignation morale d’un Courtois n’est pas un argument, mais seulement un symptôme, le symptôme d’une maladie économique appelée société bourgeoise. Ce premier article a donc pour but d’exposer les convictions qui fondent l’intérêt que l’on portera aux historiens dont il vient d’être question, et de présenter dans les grandes lignes leurs travaux et découvertes.

 

L’anticommunisme comme préjugé de classe dogmatique et irrationnel

Le jugement anticommuniste apparaît d’abord et surtout comme un jugement a priori, antérieur chronologiquement (mais aussi logiquement) à toute considération des faits.

Il y a des crimes du communisme, mais pas de criminels communistes- ou plutôt, ceux-ci ne sont tels que parce qu’ils adhèrent à une « idéologie » intrinsèquement criminelle. En témoigne le fait que, mis à part les auteurs, disqualifiés d’avance parce que communisants, du Livre noir du capitalisme, plus personne n’attribue au mode de production actuel ni à son idéologie -le « libéralisme »- la propriété d’être criminels par essence. Les morts provoquées par le capitalisme ne sont que de regrettables accidents : celles provoquées par le communisme lui sont inhérentes. Le capitalisme provoque la mort, le communisme c’est la mort elle-même.

« Si un historien communiste révèle à un jeune militant mitterandiste ou rocardien que la plupart des dirigeants socialistes se vautrèrent à Vichy et que plusieurs finirent ministres de Pétain, le militant s’exclamera : «  Quelles salopes! J’espère qu’on les a fusillés à la libération! » [...] C’est ainsi, les autres, tel le phénix, renaissent immaculés de la cendre ignoble des incendies qu’ils ont allumés, tandis que l’historien communiste doit savoir que sa plume est toujours censée avoir paraphé le pacte germano-soviétique. Les autres partis, à chacun de leurs avatars, acceptent le passé sous bénéfice d’inventaire et n’en conservent que le bon grain. Le Parti communiste recueille pieusement l’ivraie [...]. »(1)

Le « socialisme » n’est pas sali par les erreurs et les fautes des socialistes d’hier -ni d’aujourd’hui, d’ailleurs. Le « libéralisme » non plus. Personne ne songerait à demander à Nicolas Sarkozy de s’expliquer des crimes de Pinochet. Et, si la momie d’Alain Madelin se réveillait d’entre les morts, on n’exigerait pas de lui qu’il prenne sur ses épaules les péchés des Chicago-Boys. Or, Pinochet a mis en oeuvre ces mêmes politiques libérales que proposent aujourd’hui les droites du monde entier et, sous sa dictature, le Chili a servi de cobaye aux économistes formés à Chicago par Milton Friedman, prix de la Banque de Suède et défenseur du général. Dans la conversation quotidienne, les politiques sociales fermes sont plus souvent disqualifiées pour « communisme » que les politiques antisyndicales ne le sont pour « pétainisme ». Hugo Chavez, qui est tout au plus un réformiste déterminé, est dépeint comme un stalinien transcendantal, mais les auteurs du coup d’Etat d’avril 2010 restent blancs de toute filiation fasciste.

En plus d’être partial, le jugement anticommuniste est peut-être foncièrement irrationnel. Le point Goodwin s’entend comme le moment où sur un forum internet, les participants, à cours d’arguments, en viennent à se traiter mutuellement de nazis. La stratégie qui consiste à assimiler la position que l’on combat au mal absolu, c’est-à-dire au nazisme, est également fréquente dans la conversation courante comme dans les discussions politiques. On l’entend sur tous les sujets, du Proche-Orient jusqu’au…communisme. Mais le point Goodwin est précisément celui où la pensée rationnelle et partageable s’arrête, pour laisser place à la croyance irraisonnée et subjective. C’est Caliclès disant à Socrate : « Quelle violence tu me fais Socrate! Si tu veux m’en croire, laisse-tomber cette discussion, ou bien discute avec quelqu’un d’autre.» (Gorgias 505c-506a).

Cet anticommunisme misologue et dogmatique est en partie rendu possible par l’oubli des conditions de productions du discours soviétologique et des ses cousins appliqués à d’autres « régimes » socialistes. Le concept-Goodwin de totalitarisme, par exemple, est pensé indépendamment de ses conditions d’émergence mais aussi et surtout de diffusion : en dépit de la sincérité manifeste et de la pertinence indubitable de certaines analyses d’Hannah Arendt (par exemple, sur le concept d’amour chez Saint-Augustin), la notion de totalitarisme est indissociable de la Guerre Froide, où l’Empire avait tout intérêt à gaver les masses de tout ce qui pouvait diaboliser et/ou affaiblir le camp adverse. Adopter naïvement le terme de totalitarisme et sa justification théorique revient donc à prendre parti (à la fois rétrospectivement et inconsciemment) pour un des deux camps rivaux d’autrefois.

La rupture scientifique avec le « paradigme commun »

A l’impensé politique de la soviétologie officielle s’ajoute un impensé scientifique, qui n’en n’est pas distinct. C’est ce que John Arch Getty et Roberta Manning appellent, en référence à l’historien des sciences Thomas Khun, le « paradigme commun » (shared paradigm). Ce paradigme commun, expliquent Getty et Manning, n’a pas été élaboré par des historiens, mais par des spécialistes des sciences politiques souvent dépourvus de connaissances empiriques sur leur sujet (2). En France, plus d’un « soviétologue » ne parlait ni ne comprenait le russe. En tant qu’il est un paradigme scientifique, ce « paradigme commun » n’est pas aussi dogmatique que la critique vulgaire du « totalitarisme ». C’est ce qui a permis la conquête du champ de la soviétologie par des historiens qui, du moins en ce qui concerne le monde anglo-saxon, ont commencé à faire éclater le vieux paradigme. Cette conquête se fait autour de deux axes : l’histoire sociale et l’utilisation de sources jusqu’ici négligées.

Moshe Lewin, précurseur de l'histoire sociale de l'URSS, décédé cet été à Paris.

Quelles sources fondent le paradigme dominant? «Les écrits et témoignages des politiciens anti-soviétiques ou anti-staliniens (Trotskystes, menchéviques et anciens blancs) », font remarquer Getty et Manning. Pour écrire son livre sur les origines des grandes purges(3), Getty s’est servi des archives de Smolensk, volées par le Reich puis tombées aux mains des américains après la guerre. Ces archives largement inexplorées sont aujourd’hui conservées par les Archives Nationales des Etats-Unis.(4) Grâce a elles, Getty a pu articuler les représentations que ce faisaient les soviétiques « d’en haut » (exprimées dans les discours et dans la presse officiels) et la réalité de soviétiques « d’en bas ». S’il choisit de telles sources c’est aussi que Getty reproche au paradigme totalitaire son usage de la rumeur comme source privilégiée :

« Les historiens n’ont été si pressés d’écrire et d’accepter l’histoire par l’anecdote pour aucune autre période. De large généralisations analytiques sont issues de pièces de secondes mains glanées au hasard des bruits de couloir. Les histoires de camp de prisonniers (« Mon ami a rencontré la femme de Boukharine dans un camp et elle a dit… ») sont devenues la source première sur les décisions politiques prises au sommet. Le besoin de généraliser sur la base de faits particuliers et non-vérifiés a transformé les rumeurs en sources et a tenu la répétition des histoires pour leur confirmation. En effet, le chef de file des experts de Grandes Purges a écrit que « la vérité peut filtrer que sous la forme du bouche à oreille » et que « la source la meilleure est la rumeur, même si elle n’est pas infaillible.» Dès lors que les archives et la presse demeurent des sources inexplorées, il n’est ni sûr, ni nécessaire de s’appuyer sur la rumeur et l’anecdote » (5)

C’est le même reproche que fait en Europe Gabor Tamas Rittersporn, qui, dans le chapitre V, de Simplifications staliniennes et complications soviétiques. Tensions sociales et conflits politiques en URSS, 1933-1953, invite le lecteur à passer « Du goulag de la littérature à l’histoire de la politique pénale en URSS »(6). Ce chapitre contient une étude détaillée des incohérences grossières de l’oeuvre de Soljénitsyne, incohérences qui justifient amplement la diversification des sources.

L’exploration de l’histoire sociale

Le renouveau des études soviétiques amorcé par ces historiens prend également le parti de l’histoire sociale. Le précurseur en ce domaine est sans doute Moshe Lewin :

« Aussi rude et cruel que soit un régime, dans le laboratoire de l’histoire, ce n’est qu’à de rares occasions que la coercition d’Etat soit assez forte pour contrôle totalement le cours des événements. La profondeur et la perspective d’événements spontanés qui contredisent les voeux et les désirs des gouvernements dictatoriaux ne font pas moins partie de l’histoire que les faits et méfaits du gouvernement et de l’Etat »(7)

Le parcours personnel de Lewin le rend particulièrement dépendant de la conceptualisation trotskyste. Ainsi hérite-t-il de la critique trotskyste de la « bureaucratie ». Mais il s’en écarte nettement en refusant de faire de Staline un simple produit d’une bureaucratie parasitaire issue de la soi-disant « dégénérescence bureaucratique » de l’Etat ouvrier. La bureaucratie est le résultat même de la collectivisation et de la centralisation : elle est à la fois ce qui rend possible et ce qui entrave le fonctionnement du système stalinien. C’est donc tout naturellement que la dictature stalinienne a fonctionné, d’après Lewin, comme une machine de guerre destinée à faire plier ce qu’il considère comme la nouvelle classe dominante du régime soviétique.(8)

La répression stalinienne vise en effet en premier lieu les dirigeants : les premières victimes se trouvent parmi les membres du parti et les gérants d’entreprises. Comme beaucoup de travaux récents, les contributions réunies par Getty et Roberta Manning dans Stalinist terror. New perspectives (Cambridge University Press), insistent sur le fait que les couches touchées par la répression stalinienne sont généralement les couches supérieures de la société soviétique. Dans son article « The Great terror on the local level : purges in Moscow Factories, 1936-1938 »(9), David L. Hoffman montre ainsi que la répression dans les usines ne vise quasiment que les gérants et que les ouvriers de base sont largement épargnés. Les stakhanovistes y échappent alors même que les chefs d’accusations mentionnent souvent le fait d’avoir saboté le mouvement stakhanoviste. L’article de Robert Thurston, « The Stakhanovite Movement : The Background to the great terror in factories, 1935-1938 », propose une explication : l’émulation stakhanoviste aurait suscité chez à la base des élans paradoxalement contre-productifs que les gérants se sont appliqués à canaliser voire à atténuer, s’aliénant ainsi leurs ouvriers. C’est ce phénomène, et non l’omnipotence omniprésente de Staline, qui explique que les dénonciations de cadres aient coïncidé dans les usines avec le mouvement stakhanoviste.

John Arch Getty de l'Université de Californie, Los Angeles (UCLA)

Cette attention accordée à l’historie sociale est en fait une réponse à la myopie historique de la soviétologie traditionnelle, qui est comme un strict reflet de la naïveté des kremlinologues d’autrefois. Comme eux, les soviétologues accordent une place prépondérante aux phénomènes politiques, au mépris des rapports entre couches et classes sociales :

« L’image traditionnelle que les soviétologues donnent de la société soviétique dans les années 1930 est celle d ‘une société statique et monolithique. Considérant que, sous le régime soviétique, l’Etat possède tous les moyens de production et de contrôle politique, la plupart des auteurs ont tendance à se représenter cet Etat comme une force toute puissante, contrôlant tous les moyens d’existence et subordonnant tous ses « sujets » à ses intérêts et à sa volonté. Il ne leur vient pas à l’idée que les fonctionnaires eux-mêmes, tout en représentant l’Etat, aient pu avoir des intérêts particuliers et des intérêts de groupe distincts, sinon divergents de ceux du régime »(10)

Ne pas marcher la tête en bas

Suivant une terminologie qu’ils renierait surement, Rittersporn, tout comme ses collègues anglo-saxons, s’efforce de considérer la structure sociale en-deça de la superstructure politique soviétique. Il s’agit d’un retourenement matérialiste de la soviétologie, qui, après avoir marché la tête en-bas avec le paradigme du totalitarisme, commence à peine à être remise sur ses pieds. Mais le point Goodwin est atteint depuis longtemps dans le débat sur l’Union Soviétique. L’audience de Getty est destinée à rester limitée quand il écrit :

« De récentes études historiques spécialisées portant sur l’après 1929 ont montré que la prise de décision dans les premières années de Staline était déstructurée et erratique. La formulation des politiques sociales et éducatives, par exemple, était souvent incertaine, tâtonnante. (…) Les études récentes des sujets économiques, intellectuels et politiques des années d’après guerre de Staline ont également insisté sur la fragmentation, l’indécision, et les luttes internes au sein direction. En général, les chercheurs spécialisés sur les années 1920 à 1940 ont été frappés par par le volontarisme ad hoc qui donnait forme aux politiques staliniennes. Il semble approprié de jeter un autre regard sur les années 1930.

Aucuns de ces travaux ne suggère que Staline n’ait pas été l’acteur politique le plus puissant, mais certains ont insinué qu’il n’était pas nécessairement l’auteur de chaque initiative. Il semble avoir fréquemment exercé son autorité en pesant en faveur de l’une ou l’autre faction ou option. De ce point de vue, les lieutenants de Staline ont eu non seulement un pouvoir d’exécution mais aussi un pouvoir de décision. »(11)

L’assimilation est donc vite faite entre ces gens et les « historiens » d’extrême droite. C’est ainsi qu’ils reçoivent, à leur corps défendant, l’étiquette de « révisionnistes », alors mêmes qu’ils n’ont, ni individuellement, ni collectivement, eu pour objectif de réhabiliter qui que ce soit ni quoi que ce soit, ni de minimiser les horreurs du stalinisme. Les recherches de Rittersporn et de Getty, par exemple, se sont développées parallèlement sans que l’un ne soit au courant des travaux de l’autre (du moins dans un premier temps puisque Rittersporn fait parie des contributeurs de Stalinist Terror. New Perspectives). Il y a fort à craindre que l’anticommunisme ambiant interdise la diffusion massive du nouveau paradigme auprès d’un grand public décervelé par les grands médias, qui, soumis aux intérêts dominants, sauront écarter les résultats de la recherche sur la base d’une pseudo-argumentation de type point Goodwin et totalitarisme. Les opprimés et dominés en lutte connaissent tous cette loi de l’histoire officielle, celle que les médias de masse racontent aux masses : elle « est toujours écrite par les vainqueurs ».

(1)Gilles Perrault, « L’Eternelle suspicion », le Magazine littéraire n°166, novmebre 1980.

(2)John Arch Getty et Roberta Manning,Introdictuion, in J. Arch Getty et Roberta Manning (dir.) Stalinist Terror : New Perspectives, Cambridge University Press, 1993, pp.1-18.

(3) The Origins of the Great Purges : The Soviet Communist Party Reconsidered, 1933-1939, Cambridge University Press, 1985

(4)John Arch Getty, « Guide to the Smolensk Archive », in Sheila Fitzpatrick et Lynne Viola (dir.), A Researcher’s Guide to Sources on Soviet Social History in the 1930, Armonk, 1990.

(5)The Origins of the Great Purges : The Soviet Communist Party Reconsidered, 1933-1939, p.5

(6)Gabor Tamas Rittersporn, Simplifications staliniennes et complications soviétiques. Tensions sociales et conflits politiques en URSS, 1933-1953, Editions des Archives Contemporaines/Gordon and Breach Science Publishers, 1988, pp.241-367

(7) Moshe Lewin, The Gorbachev phenomenon : A historical interpretation, University Of California Press, 1991, p.25)

(8) Moshe Lewin « Burceaucracy and the stalinist state », in Moshe Lewin et Ian Kershaw (dir.), Stalinism and Nazism : dictatorships in comparison, Cambridge University Press, 1997, pp. 53-74

(9)David L. Hoffman, « The Great terror on the local level : purges in Moscow Factories, 1936-1938 » in John Arch Getty et Roberta Manning,Introdictuion, in J. Arch Getty et Roberta Manning (dir.) Stalinist Terror : New Perspectives, Cambridge University Press, 1993, pp.142-160.

(10)Gabor Tamas Rittersporn, Simplifications staliniennes et complications soviétiques. Tensions sociales et conflits politiques en URSS, 1933-1953, Editions des Archives Contemporaines/Gordon and Breach Science Publishers, 1988, p. 47

(11) The Origins of the Great Purges : The Soviet Communist Party Reconsidered, 1933-1939, pp.5-6

Par Réveil Communiste - Publié dans : Connaître et défendre notre histoire - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 21:29

Je concentrerai mon propos sur les questions de sécurité, eu égard aux turbulences de juillet et d’août sur ce thème...
Voir le compte rendu sur FR3 Rhône Alpes
Lire le texte intégral du propos introductif

 

 

Par Réveil Communiste - Publié dans : Positions - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 21:26

Avanti Populo !

Le déchainement contre le monde du travail n'est pas une lubie Sarkozienne, mais un choix de toute la classe dirigeante, mise en oeuvre partout, dans l'entreprise, le quartier, l'école, les institutions...

Personne ne connait l'agenda social, et le peuple a toujours le dernier mot... s'il décide de se lever...

Quelque soient les interrogations, les incompréhensions, les doutes sur l'issue politique nécessaire, les manifestations des 4 et 7 Septembre, la fête de l'huma les 11 et 12, peuvent être un appel d'air populaire pour un automne qui bouscule les pronostics politiques !

Liste de diffusion

Bonjour,
Voici les nouveautés publiées sur le site Faire Vivre le PCF ! depuis 2 mois

Marseille, Xénophobie de classe, Retraites, Lisbonne, industrie...

Brèves

L'enjeu des retraites

Publié le 30 août 2010
Le mercredi 23 juin, Bernard Friot, sociologue, était l'invité de Daniel Mermet sur France Inter dans l'émission "Las-bas, si j'y suis". Il présentait son dernier bouquin "L'enjeu des retraites". La totalité de l'émission est retransmise comme toutes les autres, sur le site spécifique de cette émission. (...)

Articles

Xénophobie d'état ou instrument de classe ?

1er septembre 2010, par annie.lacroix-riz
Dans une discussion sur le texte de Pascal Maillard sur l'insécurité et la xénophobie d'Etat et pour une éthique de la résistance, Annie Lacroix-Riz apporte un point de vue de classe nécessaire aux communistes pour dépasser une réaction de révolte devant le discours Sarkosyste. Ce n'est pas une dérive fascisante, qu'on pourrait éviter avec une alternative centriste ou socialiste, mais bien un choix de la grande bourgeoisie pour atteindre son objectif central de réduction massive des salaires, telle (...)

Fête de l'huma : Quel PCF face à la crise ?

1er septembre 2010, par mcb
Un débat aura lieu à partir de 15h au stand du Pas-de-Calais sur ce thème avec de nombreux militants du PCF, responsables de section et de fédérations. La situation politique de notre pays, la montée des luttes à laquelle nous assistons , pour défendre les retraites, pour protéger l'emploi et nos acquis sociaux menacés de plus en plus par un gouvernement qui relaie avec complaisance les exigences de l'Europe capitaliste, tout nous amène à prendre les mesures nécessaires pour que la luttes de (...)

Le 4 septembre, réunion de Sanary

1er septembre 2010, par mcb
Chèr(e) camarade, Nous t'invitons à participer à une réunion de rentrée : Samedi 4 septembre De 9h30 à 17h Médiathèque SalleMarie-Mauron Rue Robert Schuman Sanary( Var) Dans la poursuite de la stratégie communiste adoptée ensemble à Malakoff, nous proposons d'aborder les thèmes suivants dans la réunion : Nos responsabilités dans la situation sociale et politique Le rendez-vous de la Fête de l'Humanité A l'offensive pour le prochain congrès Notre camarade Jean-Pierre Meyer introduira la discussion. Le (...)

Rencontre communiste de Marseille

Communistes, du neuf possible pour le rassemblement.

31 août 2010, par Paul Barbazange
J'étais parmi les 90 (environ) militants communistes qui ont participé aux trois jours de formations communistes organisés à Marseille par « Rouge Vifs 13 ». J'en reviens, comme tous les participants, mieux informé des analyses des uns et des autres, de leurs forces organisées aux quatre coins de la France où leur travail porte des perspectives dépassant le cercle étroit des plus militants. Conforté dans notre détermination à rassembler tous les communistes comme condition nécessaire si ce n'est (...)

Formation Marseille

Une analyse communiste de l'industrie et de l'environnement

Deux aspects de la bataille idéologique...

31 août 2010, par pam
Intervention à la matinée du 28 Aout 2010 sur "analyse du capitalisme" dans la rencontre de formation marxiste de Marseille. Après avoir éclairé les concepts de base de l'analyse marxiste du capitalisme, nous avons voulu tenter de passer aux travaux pratiques, en étudiant deux questions politiques d'actualité, l'industrie et l'environnement, questions qui marquent profondément la manière dont chacun "pense" le monde et sa situation, et donc conditionne fortement les engagements, et au final notre (...)

Cette crise n'est pas une crise financière mais une crise du capitalisme

Analyse d'un communiste italien, Domenico Moro

30 août 2010, par auteurs à lire
Tiré de la revue théorique italienne Marxismo Oggi, année 2009, n°1 1 – Surproduction et crise D'après la majorité des médias, des économistes et des gouvernements, la crise actuelle est une crise financière, qui se serait par la suite étendue à l'économie "réelle". Avec ce type d'analyse on ne saisit, toutefois, que la forme sous laquelle la crise s'est manifestée. Cette analyse ignore le véritable contenu, qui réside dans les mécanismes d'accumulation du capital. En effet, les crises sont un révélateur (...)

27 ème Fête de la Plantade

4 et 5 septembre à Béziers

26 août 2010, par Nicolas Cossange
Les 4 et 5 Septembre fête des sections du PCF. Nous vous accueillerons à la Plantade. Programme varié : politique, solidaire, associatif, syndical… Mardi 7 Septembre, mouvement général à l'appel de toutes les organisations syndicales, prélude d'une rentrée de luttes. Le 29 manifestations syndicales dans toute l'Europe. Le droit à la retraite pour tous, solidarité fondamentale, acquis historique des luttes, est en jeu. Depuis le 24 juin, nous sentons avec le mouvement populaire et ses 2 millions de (...)

Un voyage instructif en Chine, réflexions d'un philosophe

par Domenico Losurdo

23 août 2010, par auteurs à lire
Du 3 au 16 juillet j'ai eu le privilège de visiter quelques villes et réalités de la Chine, dans le cadre d'une délégation invitée par le Parti communiste chinois, délégation dont faisaient partie aussi des représentants de partis communistes du Portugal, de Grèce et de France et de la Linke allemande ; pour l'Italie, outre le soussigné, ont participé au voyage Vladimiro Giacchè et Francesco Maringiò. Le présent texte n'est pas un journal ni une chronique ; il s'agit de réflexions qui sont le fruit d'une (...)

Le Bureau politique du Parti Communiste libanais Dénonce la nouvelle agression israélienne

22 août 2010, par communistes
Le Bureau politique du Parti Communiste libanais dénonce l'agression israélienne barbare contre l'armée libanaise dans la région de Adaissi au Sud Liban. Il considėre que cette agression contre le Liban, son intégrité territoriale et sa souveraineté n'aurait pu avoir lieu sans le silence douteux de la légalité internationale. Cette agression a, en effet, eu lieu au vu et su des milliers de soldats de la FINUL. Israël, par son nouveau crime, a fait fi de toutes les résolutions internationales, don't, en (...)

Casse toi, pov'rom !

2 août 2010, par Nicolas Cossange
Nous aurions aimé voir nommer des préfets humanistes, sachant s'entourer de gens de culture et d'expérience, de professionnels de l'éducation et de l'enseignement, de travailleurs sociaux, d'experts en sciences humaines, de policiers attentifs autant au respect de la loi qu'à celui des personnes, de spécialistes de la jeunesse délinquante, les uns et les autres soucieux de paix sociale. Notre naïveté est grande. Je parle de nous qui voulions aider certaines populations que nous pensions injustement (...)

Crime de lèse-Sarkozy à Grenoble

Trois jeunes communistes en garde à vue

2 août 2010
Jeudi 29 juillet au soir, la veille de l'intronisation du nouveau préfet de l'Isère par Nicolas Sarkozy, trois militants de la Jeunesse communiste âgés de 15, 17 et 18 ans ont été arrêtés alors qu'ils collaient des affiches sur un panneau d'affichage libre situé au centre ville de Grenoble. Placés en garde à vue durant toute la nuit à l'hôtel de police de Grenoble, ils ont été accusés rien moins que de "collage d'affiches portant atteinte à la dignité du chef de l'Etat. Menacés de poursuites judiciaires, ils (...)

"Les Tsiganes en France, un sort à part 1939-1946" Emmanuel FILHOL, Marie-Christine HUBERT Perrin, 2009

2 août 2010
Ces dernières années ont été riches en ouvrages sur la déportation durant la deuxième guerre mondiale, notamment ce que les historiens appellent la « déportation raciale ». L'année dernière, un ouvrage consacré au sort des Tsiganes en France est paru. Si l'on sait que les Tsiganes ont été victimes de la politique d'extermination des nazis, on connaît mal le sort qui leur a été réservé en France. L'intérêt de cet ouvrage historique est immense. Tout d'abord, il replace la législation contre les Tsiganes dans le (...)
Par Réveil Communiste - Publié dans : Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 21:23

Ce texte à été rédigé par Paul Barbazange, secrétaire de la section de Béziers du PCF et participant à l'initiative marseillaise:

J’étais parmi les 90 (environ) militants communistes qui ont participé aux trois jours de formations communistes organisés à Marseille par « Rouge Vifs 13 »(les 27,28 et 29 août NDLR). J’en reviens, comme tous les participants, mieux informé des analyses des uns et des autres, de leurs forces organisées aux quatre coins de la France où leur travail porte des perspectives dépassant le cercle étroit des plus militants. Conforté dans notre détermination à rassembler tous les communistes comme condition nécessaire si ce n’est suffisante aux futures victoires des exploités. Depuis 15 - 20 ans des dizaines de milliers de communistes ont fait le choix, en ordre dispersé…les uns après les autres, de quitter le PCF auquel ils étaient pourtant très attachés.

Certains ont purement et simplement été exclus. Depuis ils cherchent, souvent avec des anciens, maintenant de plus en plus avec de jeunes n’ayant pas vécu cette histoire à reconstituer une force communiste nationale. Trop de militants sont isolés sur le bord de la route. Aucune tentative n’a réussi ! Les participants ont été en mesure de dresser ensemble ce bilan et de constater que le parti communiste est toujours là, force communiste principale. En dépit d’une direction dont la majorité poursuit ses tentatives de dilution – disparition bloquée parfois par une résistance interne qui réussit comme lors du dernier congrès en juin 2010 lorsqu’a été refusé la perspective de l’adhésion directe de citoyens au « Front de Gauche ».

L’élargissement du « Front de gauche » dans plusieurs régions, dans une grande diversité, à des forces révolutionnaires localement organisées ouvre des perspectives aux communistes militant dans le PCF et ceux de l’extérieur pour en faire un front social et politique. Dans la filiation de la stratégie de fronts mise en œuvre avec succès par le PCF au long du XXème siècle. Ce qui ne peut se substituer à la construction d’un grand parti communiste français à nouveau rassembleur sur les positions de la classe ouvrière. Le débat a d’ailleurs longuement porté sur les réalités de actuelles de la classe ouvrière, sa composition, ses limites, les couches sociales qui sans en faire strictement partie sont exploitées et vivent de façon proche de celles des ouvriers au sens strict. Si des différences d’appréciations sont apparues, la volonté de progresser dans les analyses permettant le rassemblement a été réaffirmé par tous. Rappel a été fait de l’analyse de Marx sur le risque de « solo funèbre » pour une classe ouvrière isolée. La construction de l’organisation communiste de demain est en mesure d’intégrer toutes ces dimensions. La crise et l’échec de toutes les opérations de social-démocratisation créent une situation nouvelle : le besoin d’analyse et d’actions communiste.

Au-delà des militants eux même, la masse des citoyens engagés face au capitalisme se rend compte qu’il n’y a pas d’alternative : Ou l’on choisit de s’inscrire dans une forme ou l’autre de réformisme ou l’on choisit de construire et utiliser une force communiste révolutionnaire rassemblée dans le cadre national.

L’état du capitalisme, l’accentuation de l’exploitation l’imposent et le permettent. Les communistes qui n’ont pas renoncé, dans ou hors du parti communiste français, en sont tous plus à l’aise. La construction d’une force unifiée communiste parvenant à l’analyse de l’histoire des dernières décennies, affinant l’étude marxiste de la société, organisant la participation aux luttes gagne en crédibilité.

Ce constat d’expériences théorisées a ouvert ce week-end de nouvelles portes à l’action.

Des objectifs pour les mois à venir ont été retenus à l’unanimité :
- participer à diverses rencontres à la fête de l’Huma, y apparaître pour ce qu’est chacun de nos groupes et notre mise en commun ;
- travailler ensemble à un projet pour la formation théorique des militants,
- riposter à l’Otan (manif en octobre à Lisbonne),
- organiser une action nationale avec les travailleurs de la chimie,
- travailler ensemble à la commémoration du 90 ème anniversaire du PCF….

Travailler sur chacun de ces objectifs avec toutes les organisations du PCF ou militants qui le souhaiteront…Rester ouvert à la collaboration, à l’apport de tout militant se réclamant du communisme. Se revoir dans quelques mois pour faire un bilan et si possible choisir de nouveaux objectifs.

La période de tendance à l’émiettement est peut être sur sa fin.

Travaillons au rassemblement dans et dehors du PCF.

mardi 31 août 2010

Paul Barbazange

secrétaire de section de Béziers du PCF

(Ceci est une réaction personnelle rapide, en rien un compte rendu exhaustif, encore moins une analyse formalisée, rédigée collectivement ; ce travail viendra à son heure).

Par Réveil Communiste - Publié dans : Positions - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 21:19

Voici la lettre d'information d'Acrimed, copiée sur le blog de Jean Lévy


 "Acrimed" |

 

Action Critique Médias"

 (http://www.acrimed.org).

 

Après une interruption estivale, et avant de reprendre son rythme et son contenu habituels dès la semaine prochaine, cette lettre recense les articles parus sur notre site entre le 29 juin et le 31 août 2010.

 

Derniers articles

--------------------------
** Une rumeur pour en chasser une autre ? - 30 août 2010
Hugo Chávez, « porte-parole spectaculaire » d’une « théorie du complot », selon France Info.
-> http://www.acrimed.org/article3432.html

** Dessine-moi les médias : « Le péril Rom » - 27 août 2010
Sans commentaires.
-> http://www.acrimed.org/article3431.html

** Lu, vu, entendu : « Bric-à-brac » - 26 août 2010
Bibelots de l’été 2010… et vide-grenier.
-> http://www.acrimed.org/article3430.html

** Retraites : Le quotidien Libération serait-il d’Attac ? - 24 août 2010
Mieux vaut tard…
-> http://www.acrimed.org/article3429.html

** « Etats généraux de la femme » : Yves Calvi assure le service après-vente - 23 août 2010
Quand un « événement » médiatique en suscite un autre : deux raisons de ne pas savoir « Où en sont les femmes »
-> http://www.acrimed.org/article3428.html

  ** L’art du portrait : personnalisation et « peopolisation » - 18 août 2010
Des personnages de petit écran aux personnages de papier journal.
-> http://www.acrimed.org/article3427.html

** Les Etats généraux de la femme : une farce du magazine Elle - 16 août 2010
…Pour parler « travail, famille, corps et amour ». Mais pas de la vision médiatique de « la femme », colportée, notamment, par Elle.
-> http://www.acrimed.org/article3426.html

** Retraites : Luc Peillon, de Libération, nous répond - 14 août 2010
« Quand Acrimed s'emmêle les plumes ». Vraiment ?
-> http://www.acrimed.org/article3425.html

** Après Revel (de L’Express) : BHL (de partout) contre Taddeï - 10 août 2010
Le retour de Botul, flanqué d’Anastasie
-> http://www.acrimed.org/article3424.html

** Les « bourgeoises alternatives » : la cible marketing de Madame Figaro - 6 août 2010
… et un aveu de grande classe !
-> http://www.acrimed.org/article3423.html

** Libération (dé)bat en retraite - 4 août 2010
… et, sur LA réforme, délègue à quelques tribunes l’exposé de projets différents de ceux de l’UMP et du PS.
-> http://www.acrimed.org/article3422.html

** Lire : L’argent et les mots, d’André Schiffrin (avec un extrait) - 2 août 2010
Des effets dévastateurs de la logique du profit dans les domaines de l’information et de la culture aux propositions alternatives.
-> http://www.acrimed.org/article3418.html

** France Culture : Pascale Casanova licenciée - 29 juillet 2010
Les coupeurs de tête de Radio France préfèrent l’été.
-> http://www.acrimed.org/article3420.html

** Quand France Inter invite Michel Maffesoli, expert en apéritifs - 28 juillet 2010
… De la Fondation Paul Ricard aux « Apéros Facebook »
-> http://www.acrimed.org/article3419.html

** Tour de France : L’Équipe défend le devoir d’amnésie sur le dopage - 26 juillet 2010
Pour ne pas gâcher la fête et pour « doper » les ventes…
-> http://www.acrimed.org/article3417.html

** La complaisance de David Pujadas mérite d’être récompensée - 22 juillet 2010
… Par une décoration. Mais laquelle ? Cette grave question agite le microcosme médiatique.
-> http://www.acrimed.org/article3416.html

** Lu, vu, entendu : « Autorités médiatiques » - 20 juillet 2010
Aux géants des médias, toute notre reconnaissance…
-> http://www.acrimed.org/article3415.html

** « Affaire » Anelka : L’Equipe prend sa revanche sur la revanche d’Aimé Jacquet - 19 juillet 2010
Retour sur les rapports compliqués que le quotidien sportif entretient avec l'équipe de France.
-> http://www.acrimed.org/article3414.html

** Légion d'honneur et Ordre du Mérite pour journalistes et dirigeants de médias (2005-2010) - 14 juillet 2010
Pour services rendus, mais à qui ?
-> http://www.acrimed.org/article3413.html

** Comment TF1 a vendu « sa » Coupe du Monde de football - 12 juillet 2010
En ne plaçant sous les projecteurs que les matchs diffusés sur sa chaîne, et en incitant constamment les téléspectateurs à aller parier en ligne sur son site Internet.
-> http://www.acrimed.org/article3412.html

** Quand Xavier Bertrand insulte les journalistes (SNJ-CGT) - 9 juillet 2010
« Ce n'est pas en lançant des anathèmes contre les journalistes que l'on fera avancer la démocratie dans ce pays où l'Elysée met la presse en coupe réglée. »
-> http://www.acrimed.org/article3411.html

** Affaires et politiques : Haro sur les journalistes ! (SNJ) - 8 juillet 2010
"[...] c'est une véritable chasse aux journalistes qui a été lancée par quelques-uns des plus hauts responsables du gouvernement et de la majorité au pouvoir en France.
-> http://www.acrimed.org/article3410.html

** Chomsky à Paris (suite) : les bidouillages du Monde des livres - 7 juillet 2010
Deux mises au point de témoins cités par le journaliste qui n’aimait pas les sandwiches.
-> http://www.acrimed.org/article3409.html

** L’actualité des médias n°75 (15 mai- 5 juillet) - 6 juillet 2010
Les quotidiens ont soif. Bonneteau dans la TNT. Un nouveau Président pour France Télévisions - Évictions et démissions à Radio France. - Etc.
-> http://www.acrimed.org/article3408.html

** La critique de cinéma en question (entretien avec Stéphane Ledien, de la revue Versus) - 5 juillet 2010
Pour une critique « en marge de l’urgence de production dans laquelle le monde a jeté l’ensemble des médias influents, et industriellement imposants. »
-> http://www.acrimed.org/article3407.html

** Une présentatrice de télé démissionne… en Italie. Un exemple ? - 2 juillet 2010
…Parce qu’elle se fait une certaine idée de son métier.
-> http://www.acrimed.org/article3405.html

** Le Groupe Casino tremble devant Fakir (et réclame 75 000 €) - 1er juillet 2010
« Casino et son président, Monsieur Jean-Charles Naouri sont les victimes d'un véritable acharnement médiatique », disent-ils.
-> http://www.acrimed.org/article3406.html

** Retraites : Traitons l’information sans œillères (SNJ) - 30 juin 2010
« Des infos partielles… Des infos plurielles »
-> http://www.acrimed.org/article3404.html

** Manifestations du 24 juin : « Ça ne sert à rien », disent-ils - 29 juin 2010
… Avec, dans les rôles principaux, Jean-Michel Aphatie et Christophe Barbier.
-> http://www.acrimed.org/article3402.html


Bonne lecture
O.P. pour Acrimed

Par Réveil Communiste - Publié dans : CE QUE DIT LA PRESSE - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 21:13

Lu sur le blog de Diablo :

sarko-type.JPG

Depuis l’élection de Sarkozy,  nombre  de bonnes âmes tentent de nous convaincre que nous vivons sous un régime politique de nature différente du précédent.

Qu’ils soient de droite ou de gauche des journalistes, des experts en tous genres, doctes professeurs formés dans les universités de notre société capitaliste et qui en distillent les idées ont écrit à ce sujet,. Il s’agit là d’un phénomène somme toute habituel, mais d’autres catégories de gens les rejoignent.

Dès l’élection présidentielle, certains à gauche avaient prévenu que la nature du régime était en jeu ; d’un peu partout, et pas seulement en France, s’étaient élevées des voix demandant fermement à tous un alignement inconditionnel pour barrer la route au dangereux Sarkozy. Certains avaient même critiqué les positions de "Communistes" dont les militants avaient refusé de choisir entre les deux tenants du Capital. On avait entendu évoquer une soi-disant menace fasciste, ce qui prouve, s’il le fallait, que les mots n’ont rien à gagner à être lancés à tout bout de champ, affadis ou vidés de leur sens. Ce torrent de poncifs idéologiques consiste simplement à présenter le gouvernement actuel comme le seul et unique responsable de tous nos maux, en oubliant sciemment qu’il n’est pas arrivé "ex nihilo"(1) mais que, point par point, il a repris et aggravé les politiques de ses prédécesseurs.

Il est notamment de bon ton d’insister sur le caractère personnel du pouvoir, ce qui constitue une sacrée découverte après plus de cinquante ans de Vème République, de critiquer la méthode des gouvernants plutôt que le contenu de leur politique, avec le sempiternel reproche de manque de concertation.

Depuis quelques temps, certains en appellent à la défense des valeurs de la République qui seraient attaquées par ce soi-disant "nouveau régime". Plusieurs essayistes ont expliqué les phénomènes qui font de la présidence de Sarkozy un retour à l’Ancien Régime ; et, depuis la scandaleuse expulsion organisée des Roms et des gens du voyage, beaucoup de voix dénoncent la trahison de ces fameuses valeurs de la République.

Le mythe du nouveau régime et des valeurs de la République

Tout cela n’est qu’un gigantesque leurre. Avec l’arrivée de Sarkozy à la présidence de la République, la France n’a pas changé de régime politique ; c’est le même depuis 150 ans : le capitalisme. Nous vivons toujours sous la dictature de la bourgeoisie qui a choisi en 2007 pour gouverner celui de ses représentants qui lui paraissait le plus efficace, le plus approprié, mais qui en choisira un autre sans aucun état d’âme en 2012, si cela est nécessaire.

La République mythique dont d’aucuns regrettent le bon temps et dont les valeurs seraient en danger est en réalité de même nature : à preuve ceux dont on prend à témoin les mânes, Voltaire et Montesquieu, les idéologues de la Bourgeoisie du XVIIIème siècle avide de prendre enfin  le pouvoir politique et de changer la société à son avantage. Et si l’on veut parler de l’expulsion des Roms comme contraire aux valeurs de cette "République" ou de ces "Droits de l’Homme", il est opportun de rappeler que Voltaire a puisé une partie de ses ressources dans le trafic d’esclaves, le gouvernement "républicain" du radical Daladier mit en œuvre depuis avril 1938 avec une particulière brutalité une véritable chasse aux étrangers. Ces "valeurs de la République" sont-elles celles de la IIIème, qui internait en 1939 les réfugiés espagnols, certains brigadistes et les opposants politiques au nazisme, et qui donna gracieusement à Franco l’or que la République espagnole lui avait confié en dépôt ? Sont-elles celles de la IVème, qui mena les guerres coloniales et recycla des vichystes notoires comme Robert Schuman, le valet des maîtres de forges ? Sont-elles celles de la Vème, qui institua le pouvoir personnel du président de la République, réquisitionna les mineurs en grève et amnistia les généraux fascistes auteurs du putsch d’Alger ?

Cet "avant" mythique est évoqué dans tous les domaines, y compris économique et social. On en trouve une variante quelque peu déconcertante dans cette phrase prononcée par un coprésident d’ATTAC lors d’une interview à l’Humanité : « Il y a eu une déclaration de guerre des milieux financiers et des gouvernements de l’Union européenne à l’État social européen, avec l’appui du FMI. » On se demande bien ce que peut être cet Etat social européen ! Il y a tellement de menteries à nous faire avaler que, désormais, on ne parle plus de l’Europe sociale comme d’un avenir (C’était déjà difficile à gober), mais comme d’un passé idéal révolu. Tout cela n’a pas plus de vérité (encore moins) au niveau de l’Union européenne que de la France, il n’y a jamais eu dans l’Etat bourgeois de vertu ou de pureté originelle qu’il faudrait retrouver.

Selon son évolution, les dangers auxquels elle était confrontée, la société capitaliste a évolué. Au stade impérialiste actuel, les capitalistes de France et d’Union européenne ont besoin de réduire encore et toujours plus le coût de la force du travail, en raison de la concurrence non seulement traditionnelle des multinationales US mais aussi nouvelles, celle des multinationales chinoises, indiennes, brésiliennes. Quelle que soit l’étiquette politique des gouvernements de l’Union Européenne, ils appliquent à la lettre les mêmes mesures de recul social, de retour au XIXème siècle que requiert la situation, du point de vue du Grand Capital.

Alors, pourquoi tout ce battage idéologique ?

1. Il faut sauver l’alternance et le mythe de la démocratie.

D’un point de vue strictement politicien, on pourrait dire qu’il faut bien organiser le vote pour "l’autre candidat" en 2012 ; plus Sarkozy sera noirci, moins les électeurs se poseront de questions sur l’absence de différences politiques entre l’un et l’autre. Plus globalement, il s’agit d’une entreprise de bien plus longue haleine, qui est décisive idéologiquement parlant : le maintien du mythe de la démocratie. Le système dans lequel nous vivons tire sa légitimité de l’élection à intervalles réguliers des représentants du corps électoral, présentée comme le fin du fin du pouvoir au peuple. Il s’agit bien sûr, là aussi, d’un leurre. Le suffrage universel n’est qu’un instrument de domination de la Bourgeoisie, il ne sert qu’à « décider une fois tous les trois ou six ans quel membre de la classe dominante ira représenter et opprimer le peuple au Parlement » (Karl Marx "La guerre civile en France"). Le système repose aujourd’hui sur l’alternance et théorise l’idée qu’il existerait deux camps politiques de natures différentes. Ce mensonge, pourtant savamment délivré à longueur d’antenne et de colonnes de la presse écrite, a du plomb dans l’aile. Il est donc important tout d’abord pour les gardiens du temple capitaliste de faire oublier un certain nombre de choses, par exemple que la privatisation de la poste a commencé sous le gouvernement Rocard, éminent membre du PS.

Prenons le cas essentiel, de la casse du système des retraites et de la Sécurité sociale.

- L’étatisation de la Sécurité sociale est en marche dès les années 80 avec l’institution par le gouvernement Fabius (PS) de la CSG et est prolongée par la mise en place du plan Juppé (RPR) en 1995, plan que les grévistes de novembre décembre de cette année-là pensaient bien voir abrogé par le gouvernement Jospin (PS) en 1997, lequel n’en fit rien.

- La casse programmée des retraites a pour origine le Libre Blanc de Rocard (PS) en 1990, appliqué en ce qui concerne le privé par Balladur (RPR) en 1993, pour le public, par Fillon (UMP) en 2003,  et pour les régimes spéciaux par Hortefeux (UMP) en 2007.

- Dans les deux cas (retraites et Sécurité sociale) , les déficits ont une cause unique et identique : la baisse des cotisations patronales, autorisée, légitimée, encouragée par l’Etat, les fameuses "exonérations de charges". L’organisation rationnelle de ces déficits ne date pas de 2007, mais de 1991 avec le gouvernement Rocard (PS). On sait que les exonérations de cotisations consenties aux patrons depuis cette date sont aujourd’hui supérieures au double des déficits cumulés des caisses de retraite et d’assurance maladie.

Diaboliser Sarkozy permet donc de passer sous silence le rôle passé de la gauche et de masquer ses intentions réelles si elle venait à gouverner de nouveau.

La gauche politique n’est pas la seule qu’un brouillard enveloppe. Les directions syndicales confédérales ne sont pas en reste. Si l’on voulait tirer un genre de bilan, on s’apercevrait que, depuis 20 ans, le gouvernement Fillon est le seul contre lequel aucune action durable d’envergure n’ait été tentée dans le secteur public. Ainsi, la direction de la CGT entretient la légende d’un gouvernement plus dur que les autres, pour justifier le fait qu’elle ne propose comme riposte que des grosses journées d’action suffisamment distinctes les unes des autres pour qu’elles n’entraînent pas une lutte durable.

L’actuel gouvernement piétine nos droits et impose des reculs sociaux majeurs,  parce qu’il bénéficie de l’accord unanime des organisations politiques et des directions syndicales, pour maintenir le système capitaliste. Sans cet accord, sans la complicité des dirigeants des forces politiques et syndicales qui sont censées lui être opposées, jamais Sarkozy ne mènerait aussi facilement sa politique.

2. Il faut brouiller les repères idéologiques et établir un clivage.

Pour perpétuer le "modèle démocratique", il est indispensable à la bourgeoisie de brouiller les repères idéologiques, ce en quoi la création du concept de "nouveau régime" ou de "sarkozysme" est bien utile. Ce brouillage est à l’œuvre depuis des décennies, spécialement depuis la disparition des pays socialistes d’Europe de l’Est. Il s’agit d’empêcher par tous les moyens une lecture de classe de tel ou tel événement, une analyse de classe de telle ou telle politique.

Pour cela, les tenants du Capital instituent d’abord des idées dominantes qui doivent à la fois paraître d’évidence et être peu évoquées ou discutées justement parce qu’elles font consensus. On peut citer pêle-mêle : le concept de totalitarisme, omniprésent à l’Ecole, qui présente l’utilité de rassembler les régimes socialistes et fascistes contre toute vérité — l’idée que le critère absolu de la démocratie serait l’élection des représentants — l’idée que le marché, c'est-à-dire le fondement du régime capitaliste serait la liberté absolue — l’idée que tous, quelle que soit leur classe sociale, auraient des intérêts communs, et qu’ainsi, aider financièrement les banques bien que pénible serait un mal nécessaire dans l’intérêt de chacun — le concept de liberté de la presse, présentant les journalistes comme le nec plus ultra de l’indépendance, alors qu’ils roulent pour les patrons de presse, qui, eux, sont libres de défendre leurs intérêts — l’idée que ce sont les capitalistes, les "chevaliers d’industrie" qui font vivre tous leurs salariés, et non pas le contraire.

Tous ces éléments ont ceci de commun qu’ils permettent de ne pas interroger la nature de la société dans laquelle nous vivons. Voici un florilège de questions gênantes et interdites : Quelle est la classe dominante ? Quel est le mécanisme de l’exploitation ? Qui les gouvernants, les experts en tous genres, les journalistes servent-ils ? Quel est le fil rouge de l’idéologie dominante ? Pourquoi Sarkozy et Fillon, après d’autres, mènent-ils une telle politique ?

Pour que ces idées dominantes ne soient pas contestées, il est nécessaire, pour le Grand Capital, d’instituer un clivage officiel dont l’existence ne ferait pas débat. C’est le fameux clivage droite/gauche, idéal parce qu’il ne franchit pas la limite du capitalisme, les plus virulents des gens de gauche étant tout au plus partisans d’un nouveau partage ou d’une redistribution des richesses.

Longtemps ce leurre a fonctionné sur le rapport à l’Etat, plus d’Etat pour la gauche et moins d’Etat pour la droite. Remarquons au passage que cette soi-disant divergence permet d’établir une conception de l’Etat hors des luttes de classes, comme une entité neutre placée au-dessus de tous et garante d’une certaine justice. Ce qui tend à démontrer qu’en fait de clivage, il y a, au contraire, identité de vue sur la conception de l’Etat. Or, au sens marxiste du terme, l’Etat étant l’instrument de la domination d’une classe, la droite n’a donc jamais voulu moins d’Etat que la gauche.

3. Il faut changer la nature du clivage.

Le stade actuel du capitalisme, la baisse tendancielle du taux de profit, la concurrence effrénée  sur le marché mondial font que ce clivage est de moins en moins vivace. Ainsi, en France, le gouvernement qui, durant ces vingt dernières années, a le plus privatisé, fut celui de Jospin. De plus en plus, aujourd’hui, le roi est nu ; beaucoup de salariés perçoivent, sans forcément le dire ainsi, que les points communs sont innombrables entre les hommes politiques de tous bords, dès lors qu’ils ne sont pas marxistes. Le vrai clivage se dessine alors entre celles et ceux qui sont pour la propriété privée des moyens de production et d’échange et celles et ceux qui tiennent pour la propriété collective, les partisans du régime capitaliste et les marxistes-léninistes.

Il est donc nécessaire de trouver autre chose, mettre en avant de nouveaux faux clivages, qui ne sont pas traversés par la lutte des classes. C’est ainsi que l’on peut expliquer toute cette offensive autour des "valeurs de la République", arguant notamment du pouvoir personnel de Sarkozy pour en faire un tenant de l’ancien Régime. Cela se conjugue à tous les modes et à tous les temps : de l’expulsion des travailleurs sans papiers, comme si Pasqua et Chevènement n’étaient pas passés par là à la conception ultraréactionnaire de l’enseignement portée par Darcos, comme s’il n’avait pas existé depuis longtemps un consensus préalable des pédagogues officiels de la gauche et de la droite.

Pour faire avaler un tel mensonge, il est nécessaire d’organiser contre Sarkozy un consensus plus large que la seule gauche. C’est pourquoi on en arrive à un clivage somme toute assez simple : les sarkozystes et tous les autres. Ce qui explique pourquoi politiciens et journalistes parlent de la politique de Sarkozy, la seule et unique tête de turc : Sarkozy. Tout cela a un double effet : rassembler contre lui mais aussi autour de lui et donc nous faire croire à une opposition frontale et fondamentale. Le rassemblement anti-Sarkozy, tel qu’il s’opère, permet de mieux comprendre l’appel à Bayrou des socialistes ou de Cohn Bendit : ce n’est pas seulement politicien, ce n’est pas seulement un virage à droite (il y a belle lurette que c’est fait pour le PS français), c’est parce qu’il est vital qu’un tel clivage existe dans la tête des électeurs afin que la farce continue. Il est essentiel pour le grand capital que les salariés continuent d’y croire.

4. La gauche ne peut s’en sortir autrement

Le rôle de repoussoir de Sarkozy est rendu d’autant plus nécessaire que la "gauche de la gauche" a échoué dans ses tentatives de présenter une orientation politique qui serait différente de toutes les autres. Le clivage Sarkozy/pas Sarkozy est à l’heure actuelle bien plus pertinent que le clivage Front de Gauche + NPA et Cie / tous les autres. La recherche effrénée d’autre chose qui ne soit pas le socialisme, d’une solution anticapitaliste qui ne le serait pas a fait long feu.

Les laboratoires comme Copernic où les divers machins altermondialistes sont apparus comme ce qu’ils étaient : les chercheurs d’une nouvelle alternance pour remplacer la vieille, truffée de plomb dans l’aile. Tout le monde a bien compris qu’ils ne remettaient pas en cause le capitalisme. Il n’est qu’à lire un autre extrait de la fameuse interview du coprésident d’Attac : « Si on veut relancer l’emploi et l’économie, la mesure prioritaire est la réduction du temps de travail. […] Une telle politique susciterait l’hostilité des milieux financiers, qui prendraient des mesures de fuite des capitaux et d’augmentation des taux d’intérêt sur la dette française. Ça ne sera donc possible qu’avec une nouvelle régulation sur les marchés financiers et les flux de capitaux. Mais on est hélas très loin d’une telle rupture. ». Sans commentaires !

Les opérations politiques autour du partage des richesses ont échoué (l’effet Besancenot est bien retombé) ou n’ont pas vocation à former autre chose qu’une force d’appoint  (le Front de Gauche sur le modèle de "Die Linke" en Allemagne). Chercher des "solutions" sans s’en prendre au capitalisme ne pouvait donner autre chose que de tels résultats. La cuisine qu’ils nous mitonnent nous apparaît de plus en plus fade. Leur armée de sociologues et d’économistes a réussi à fabriquer une conception de la lutte des classes vidée de son sens, très courue parmi la classe moyenne et la petite bourgeoisie : une sorte de bagarre riches / moins riches dans laquelle les seconds ne réclament qu’une part du gâteau, une place si minime soit-elle dans la société capitaliste, à l’instar de la petite bourgeoisie des universités en 1968 : que le grand capital leur reconnaisse un rôle à jouer et qu’il daigne partager un peu les richesses.

C’est donc sur la classe moyenne et non sur la classe ouvrière que s’appuie cette gauche ; une gauche dont les responsables comme les experts n’ont plus la moindre idée de ce que peut être le marxisme, tant leur recherche d’une troisième voie qui n’existe pas leur a fait jeter et enterrer toute éducation politique qui ait quelque chose à voir avec la lutte des classes.

Combattons vraiment la politique de Sarkozy !

L’antisarkozysme, au sens de l’opposition à l’homme, à sa façon d’être et non au fond de sa politique est donc à part entière une tactique du Capital. Au contraire de tous ceux qui ânonnent en ce moment (jusqu’au pape nazillon, il a quand même un sacré culot, celui-là !), ce n’est pas l’homme qu’il faut attaquer, ni ses nuances avec ses soi-disant adversaires en réalité concurrents, mais le fond de sa politique, qui est le même que celle de Rocard, Jospin, Mitterrand, Balladur, Chirac, Raffarin et d’autres encore.

Combattre la politique de Sarkozy, c’est dévoiler le fin mot de l’histoire et dire que nous sommes en présence d’une crise cyclique du capitalisme et non pas d’une crise financière, comme le disent tous les hommes politiques de gauche, de droite et du milieu !

Combattre la politique de Sarkozy sur les retraites, par exemple, c’est ne donner aucune prise aux autres discours qui vont dans le même sens que lui, comme celui qui tient pour inévitable une réforme !

Combattre la politique de Sarkozy, c’est dénoncer le capitalisme, évoquer la véritable ligne de partage qui tient en une question : « Qui possède les moyens de production et d’échange ? » !

Combattre la politique de Sarkozy enfin, c’est favoriser, les luttes contre la politique du capital, aider à leur développement, à leur construction, à leur caractère massif et durable, seule condition pour gagner !

 

source : « site communistes »

(1) expression latine signifiant « à partir de rien »

Par Réveil Communiste - Publié dans : Positions - Communauté : Parti Communiste Français
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